Sucker Punch. Bombes, laideur.

Libérées, mais à quatre pattes, faut pas déconner

Faut-il aller voir Sucker Punch ?

- Zack Snyder ! Hé Zack ! Si on faisait le pire film du monde ?

- Quoi ? Mais pourquoi me le demander à moi ?

- Ben attends, t’es une légende : dans une courte carrière, t’as quand même réussi à réaliser un film de zombie pas ouf, un péplum crypto-gay raciste et un film de super-héros chiant et laid. A chaque film, tu sombres un peu plus dans les effets clinquants et mauvais goût au détriment du scénario. Si quelqu’un peut faire le pire film du monde, c’est toi Zack.

- Merci, mais on y raconte quoi ?

- On s’en branle ! On n’a qu’à raconter n’importer quoi ! Qu’est-ce qu’on veut sur les affiches du métro ? Des gonzesses en bas résilles, des gros flingues et des zombies baveux. On fout les filles dans un espèce de bordel-prison (pour montrer de la chair fraîche et satisfaire les sadiques), on dit que ça se passe dans un rêve (pour faire apparaître des zombies quand on veut et mélanger les époques) et on les fait pleurer (parce que c’est des filles, et parce qu’il faut bien meubler entre les scènes d’action).

- Chouette, on va se faire plein de fric ! Mais j’ai du mal à voir à quoi ça va ressembler…

- A rien Zack ! On va mettre des robots, des nazis, des dragons, des sabres japonais, des châteaux forts, des bombes atomiques et des soldats géants avec des chapeaux chinois. Quand les filles seront pas en train de les combattre en mini-jupe, elles se feront humilier en talons aiguilles par un mac à moustache et des gros porcs à cigares. On va tout faire en 3D, dans des textures bien dégueulasses qui nous coûterons que dalle.

- Coolos ! Je vois déjà tout ça en musique : on pourrait prendre plein de tubes mythiques comme White Rabbit de Jefferson Airplane ou Sweet Dreams de Eurythmics et les rejouer en rajoutant plein d’effets affreux. Mais je reste inquiet pour les critiques. Ils vont nous démonter non ?

- Rien à battre ! Nos affiches seront bien plus bandantes que les colonnes austères de Télérama. Et puis faut pas croire : ils auront trop peur de passer pour des vieux cons has-been, et ils feront tous semblant d’aimer. On dira que tu retournes en enfance, que tu rends hommage à la culture geek des jeux vidéos. Je suis sûr qu’il y aura même des andouilles pour trouver ça féministe ! De toute façon, la bande-annonce sera tellement coolos qu’elle fera baver les blogs ! Le temps de se rendre compte que c’est nul, et on y sera tous allé.

- Oooh j’ai hâte ! Je termine mon film en images de synthèse sur les chouettes, et je me jette sur ce projet !

En Bref : Il ne faut surtout pas aller voir Sucker Punch. Contrairement aux prédictions de Kichou et à la dithyrambe critique, la dernière bouse de Zack Snyder nous plonge dans un gouffre de néant. Évidemment, on y va ni pour le scénario minable ni pour le jeu pathétique des acteurs, mais même les scènes d’actions – censées être le coeur du film – sont bordéliques, mal réalisées et pleines d’effets cheapos pourraves.

En l’absence de second degré dans cet océan de nullité, je pense que nous sommes là devant le pire film du monde. Un fait marquant de l’histoire du cinéma. Faisons en sorte de s’en rappeler, pour qu’une telle erreur ne se reproduise jamais.

19 réflexions au sujet de « Sucker Punch. Bombes, laideur. »

  1. Pas d’avis sur Suckerpunch (pas vu, même si j’avoue que j’aime bien les affiches du métro). D’accord avec l’idée donnée de 300… Mais Watchmen, c’était quand même pas si mal (rien que pour son excellente intro, ce film est sauvable !)

    • C’est vrai, le générique de Watchmen est admirable et l’idée de fond est génial. Mais rien que pour la longueur insupportable, les tubes pops improbables et les gros plans sur la bite bleue du mec bleu, ce film mérite la poubelle. Désolé, mais fallait pas monter une scène de sexe explicite avec du Leonard Cohen en fond. Fallait pas.

      • Watchmen est avant tout l’adaptation ratée et imbuvable d’un monument de la bande-dessinée. J’ai pleuré de voir ce chef d’oeuvre massacré à grands coups de truelles kitschissimes par un salopard sans état d’âmes. Mais j’ai ris à la vue du nez dantesque d’un Nixon improbable. Oui, je ris, toujours. Aha.

        • Heureusement que 300 était déjà une BD de merde, comme ça, Snyder a pas pu faire pire.
          Mais je suppose que tu en ris, insatiable rieur !

  2. Ho le mec il cherche le clash !!!
    Merci pour la petite dédicace, je ne manquerais pas de te renvoyer la pareille !

    P.S. : T’aurais dû penser à mettre une photo de Lara Croft, histoire d’augmenter tes stats !!

        • Pas vraiment ma philosophie. Mais comme je vais pas m’engueuler tout seul, je vais considérer que tu as fait une erreur de jugement et que, secrètement coupable, tu es venu ici expier tes péchés.
          Va en paix. Pour te racheter, tu peux toujours aller voir Pina au ciné : il y a aussi des jupes, mais c’est mieux :-P

  3. Merci, je suivrais ton conseil et n’irais donc pas voir ce clip manga géant malgré la présence de nazis et de zombis, pourtant deux des raisons majeures qui me poussent habituellement à aller voir un film. Par contre, j’irais voir Thor, Green Lantern et Captain America. Il faut avoir le sens des priorités.

    • A fond, mais j’ai peur que les Avengers soient aussi saccagés que le reste. Soyons vigilants. Hollywood adore trahir les fans.

  4. Alors j’étais sûr que y allait avoir des mecs qui pigeraient rien au film et qui n’y verraient qu’un film d’action de bouse avec juste 5 jolies filles pour rameuter du monde.
    A tu bien vu le film ? A tu au moins cherché à comprendre le film ou tu l’as regardé bêtement avec ton pop corn ?

    Contrairement à ce que beaucoup pensent, Sucker Punch possède un part de thriller en lui car il amène à réfléchir sur l’imagination d’une fille au bord du gouffre ainsi que tout ce qu’elle est capable de faire pour s’en tirer à savoir s’inventer non pas 1 monde imaginaire mais 2 !

    Un exemple clair : Si t’avais réfléchis tu saurais aussi pourquoi les filles n’ont aucun vrai prénom ou nom mais juste des pseudonymes.

    • Wow, elle invente deux mondes ? DEUX ? Tellement balèze ! Alors si les filles on des pseudonymes c’est… c’est parce que… oh mon dieu mais bon-sang mais bien-sûr ! C’est parce qu’elles sont dans un rêve !!! Maintenant que tu m’as dit ça, je trouve ce film GENIAL ! T’as raison, j’avais vraiment pas bien réfléchi ce jour là.

      Hé ho.

      Et les combats contre les zombies nazis et les robots venères dans des châteaux en carton, c’est une réflexion sur Heidegger peut-être ? Et les affiches avec les meufs à poil et les flingues, c’est pas pour rameuter les ados ? Et les combats contre les chinois géants sur du hard-metal, t’appelles ça un thriller ?
      Les pseudos des filles, c’est parce qu’elles sont dans un bordel. Les images de synthèses, elles sont pourries. Le scénario, il bande mou. Inventer un monde imaginaire est la meilleure façon de raconter ce qu’on veut lorsqu’on est un scénariste fainéant.

      Et je mange pas de pop-corn.

  5. Ping : Sleeping Beauty. La belle au bois bandé.

  6. Ping : Spring Breakers. Miami vide. | Le règne de l'arbitraire

  7. Ping : Man of Steel. Kryp-Tonic. | Le règne de l'arbitraire

  8. Tellement pas d’accord avec toi mon Coco! Je peux pas te laisser cracher impunément sur Sucker Punch! Sans être le film de la décennie, le film mérite qu’on se bouge pour le voir. D’autant qu’il est plus en salle, en un clic, il est sur l’ordinateur. Plus d’excuse..

    Alors pourquoi voir SP ? Ne serait-ce que pour le concept? Original. Loin des blockbusters aux scénar’ usés jusqu’à la corde et dégoulinant de patrotisme, ici, SP. propose quelque chose de frais et neuf. Alors oui, ça permet de justifier un peu tout, mais pourquoi pas ? Si ça se tient dans le film. A titre d’exemple, « La cité des enfants perdus » était bien plus barré que ça et rien pour le justifier à part Jeunet.
    Visuellement aussi ? Oui, c’est de la grosse image de synthèse mais c’est de la bonne et ça marche. On va pas cracher sur le modernité non plus. Et bien utilisée, ça passe. En fait SP, c’est une comédie musicale déguisée en film d’action, un film d’horreur psychologique maquillé en peep-show cauchemardesque, et même un manifeste féministe travesti en blockbuster pour geeks (dixit Jérôme Vermelin)
    Et la BO pour finir. Désolé, la reprise de Eurythmics est efficace. Pareil, le Bjork marche très bien aussi…

    Bref, on peut tout à fait se permettre de voir SP.

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