Un Nemes mal roulé

Au bistro du coin

Comédie française de Charles Nemes, avec Fred Testot, Eddy Mitchell, Bruno Solo

Sortie : 16 mars 2011.

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1 minute 45 de : On fait un Qui-est-ce ?

Il y a des vagues sur lesquelles il vaut mieux ne pas surfer. Par respect pour le septième art, par honnêteté intellectuelle, ou simplement pour essayer de ne pas prendre le public pour plus bête qu’il n’est déjà en lui servant du réchauffé/ranimé/maintenu artificiellement en vie. Au Bistro du coin ne s’embarrasse pas de telles considérations et s’enfourne sans complexe dans le sillon doré du feuillecon (désolé pour la faute de frappe) Plus belle la vie.

Je ne me lancerai pas ici sur un débat stérile pro ou anti-PBLV, propre à déchirer les familles dans des proportions dreyfusiennes, aussi je me contenterai simplement de souligner l’apparente ressemblance entre ces deux « divertissements » : l’atmosphère de bistro, les blagues types « café du commerce » et surtout la cohorte de personnages qui défilent au bar. Et c’est là où, d’emblée, la bande-annonce du Bistro rebute. Je mets au défi quiconque de me citer, après visionnage, au moins trois des personnages nommés dans la BA… Et pourtant elle dure moins de deux minutes.

Comme je me sens d’humeur service public aujourd’hui, je vous fais un petit résumé : Voilà Manu, le gérant du bistro incarné par Fred Testot (qui ne peut s’empêcher de jouer encore une fois les transformistes), son cuistot abruti (Vincent Desagnat, dans un énième rôle de crétin), François le libraire (François Berléand, qui cabotine et qui s’énerve… comme dans tous ses films quoi), son fils Jules (le très neutre Vincent Lacoste, ex-Beaux Gosses, étiqueté à vie dans le rôle de l’ado débile et ingrat) ou encore Fanny, édentée un peu beauf aux accents de Zezette jouée par Frédérique Bel (Béatrice Dalle, qui avait vraisemblablement le physique du rôle, a dû le refuser). J’arrête ici cette énumération aussi vaine qu’inintéressante, mais vous aurez ainsi un avant-gout assez honnête de ce qui vous attend dans les deux longues minutes du Bistro du coin : une longue et pénible enfilade de clichés, dont sont autant responsables les acteurs que le scénario.

Parlons-en, tiens, du scénario : il s’agit a priori d’une histoire de spectacle qui doit avoir lieu dans le bar de Fred Testot. On a connu mieux pour affrioler le spectateur. Seul point positif : la présence d’Eddy Mitchell, lumineux dans les quelques plans où il apparait. Avec sa mine patibulaire et son air renfrogné, il donne sérieusement l’impression de vouloir casser la tête de tout le casting. Tant mieux, nous aussi !

Bref, si vous êtes quand même intéressé, il vous reste encore un mois et demi pour regarder encore et encore la bande-annonce du Bistro du coin et peut-être réussir à situer les personnages. Ou pour faire autre chose. C’est à vous de voir.

Alors, ce film, on ira le voir ? Non. Déjà qu’on doit se taper Plus belle la vie tous les soirs à la télé, c’est pas pour prolonger ça au cinéma !

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Une réponse à Un Nemes mal roulé

  1. Mira dit :

    Oui j’irais rien que pour soutenir Anne Girouard qui est un espoir du cinéma et qui n’a plus à prouver son talent sur les planches. Même si le film n’est pas très intéressant et ressemble à « PBLV » , de toute façon je ne regarde pas, donc je ne peux pas être saoulée par ce genre de feuilleton inutile.

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