Sh**t me, I’m famous

The Conspirator

Assassinat historique de Robert Redford, avec James McAvoy, Robin Wright Penn, Justin Long

Sortie prévue aux Etats-Unis : 15 avril 2011

Pas encore de date de sortie française.

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2 minutes 25 de : Moustaches et rouflaquettes.

Il fut un temps où vouloir tuer son président était une chose socialement mal vue. Voilà pourquoi, lorsque, le 14 avril 1865, John Wilkes Booth décida de descendre le seizième président américain, Abraham Lincoln, au beau milieu d’une pièce de théâtre, tout le monde trouva ça pas cool. D’autant que la méthode choisie par l’acteur/assassin ne fut pas des plus douces : là où un Kamel Ouali tente depuis des années de tuer à petit feu (intellectuellement du moins) tous les membres de son public, Booth a lui choisi le flingue, collant une balle dans la nuque du président assis juste devant lui. Pas de pot, Lincoln était grand (1m93). Dire que s’il avait mesuré disons, au hasard, 1m68, la balle lui aurait simplement éraflé le haut du cuir chevelu.

Mais cessons de ressasser les vicissitudes du destin et concentrons nous sur celles de The Conspirator. Ou plutôt devrions-nous dire The Conspirator[s] puisque le film s’intéresse moins au destin (bref) de l’assassin qu’à celui (à peine moins bref) des conspirateurs ayant œuvré à ses côtés. Parmi eux, la famille Surrat, mère et fils, accusée d’avoir aidé l’assassin dans sa (courte) fuite. Le vilain étant finalement arrêté dans un état ne permettant plus un quelconque jugement, ni grand chose d’autre d’ailleurs, c’est vers les Surrat que la vindicte de l’Oncle Sam va se tourner. Charge à l’avocat Frederick Aiken, le Maitre Vergès de l’époque, de défendre la famille honnie.

Notons que c’est le sympathique écossais James McAvoy qui a hérité du rôle. Cela fait plaisir de revoir ce jeune acteur prometteur, qu’on avait aimé dans l’étonnant Dernier roi d’Ecosse et l’émouvant Reviens-moi, et qu’on avait ensuite plaint devant l’effarant Wanted : choisi ton destin. Sans doute avait-il des problèmes d’argent à ce moment-là, aussi nous ne mettrons pas ce dernier film au crédit de sa filmographie mais bien à celui de son compte en banque.

Derrière la caméra, on retrouve l’un des Roberts les plus connus du 7e art (avec De Niro, Mitchum et Julia) : Robert Redford. Un gage de qualité cet homme, qui avait presque réussi à réconcilier équidés et cinéphiles grâce à L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux, avant de nous apprendre à compter les moutons avec le soporifique Lions et agneaux.

Résultat : les plans sont léchés, les images claquent, la musique est militaire, la reconstruction historique crédible. Et Redford réussit en une poignée de seconde à créer une sincère empathie entre le spectateur et cette pauvre accusée (la très digne Robin Wright Penn), au point que l’on a envie de l’aider à se tatouer un plan de la prison sur le dos pour l’aider à s’enfuir de sa cellule, avant de finalement se rappeler que cette gourde n’a qu’à soulever une des planches pourries de la cabane où on l’a laissé broder.

Bref, le film s’annonce prometteur. Seul risque : que The Conspirator se transforme en une version plan-plan et poussiéreuse de Phoenix Wright. Et que les dialogues finissent par tourner en rond sur des « Siiiiii elle est coupable ! », « Non, elle est pas coupable ! », « Siii elle est trop coupable!! », « Non, elle est pas coupable ! Et ta constitution elle est trop nulle d’abord!!! », « Ma constitution elle est ptêtre nulle, mais si je te la colle dans la gueule tu vas la sentir passer! »

Alors ce film, on ira le voir ? Oui. En plus, en cas de succès, ça incitera peut-être Steven Spielberg, qui tortille encore du cul à nous livrer son propre biopic de Lincoln, à se mettre sérieusement au boulot. Ça l’occupera, et puis ça lui évitera de commettre un nouvel Indiana Jones

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