Alice au pays des guerrières

Sucker punch

Boite à baffes signée Zack Snyder, avec Emily Browning, Abbie Cornish, Jena Malone

Sortie le 30 mars 2011.

2 minutes 20 de : Bombes Raider

Il y a des termes qui ne seront sans doute jamais associés au nom de Zack Snyder dans une recherche Google… Pas de »poète », de « romantique » ou encore de « délicat » en apposition à son patronyme. Aux réflexions philosophiques sur la représentation de la nature dans le romantisme victorien, Snyder préfère les coups de glaives et de sandales dans le bide des 300 Spartiates et les superhéros cradingues de Watchmen.

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Le tout dans un style graphique situé quelque part entre la BD, le jeu vidéo et le n’importe quoi. Aussi, il ne faut s’inquiéter si, au détour d’un plan, on peut croiser un homme avec une tête de chèvre complétement stone en train de jouer de la flute. Vous voilà prévenus.

Ce n’est donc pas surprenant que Monsieur Snyder revienne avec un film coup de poing, et cette fois l’expression n’est pas galvaudée puisque « Sucker punch », terme venu du vocable de la boxe, a pour traduction littérale « coup délivré par surprise ». Film coup de poing, coup de pied et tout ce que vous voulez donc, ici administrés par une jeune adolescente à qui l’on aurait discrètement échangé ses DVD de Dora l’exploratrice par la trilogie Matrix, Kill Bill et Massacre à la tronçonneuse.

Conséquence directe : la jeune fille, en proie à une imagination aussi débordante que flippante, va filer tout droit dans un hôpital psychiatrique, sans passer par la case Secret Story. Toutefois, point d’Hannibal Lecter, Norman Bates et autre Mathilde Seigner parmi ses compagnons de chambres, mais quatre jolies jeunes filles qui vont l’accompagner dans son délire. Mais là où Alice se contentait de suivre un petit lapin blanc et de boire du thé avec des cartes à jouer, Babydoll et ses copines préfèrent défourailler des samouraïs et des dragons à coups de fusils à canons sciés. Moins poétique, certes, mais plus expéditif.

L’influence des jeux vidéo est plus qu’évidente dans ces premières images : Variété des situations, qui sont autant de « niveaux » à explorer (japon médiéval, héroic-fantasy, Seconde Guerre mondiale…), actions spectaculaires, enchainement frénétique des plans, graphisme léché et plastique… Si l’on sent bien que la petite Babydoll a comme grande soeur cinématographique la Uma Thurman de Kill Bill, ses mamans sont indéniablement à rechercher du côté des univers virtuels.

Et à ceux qui oseraient encore mettre mon érudition à l’épreuve quant aux rapports de ce film avec l’industrie vidéoludique, je leur rétorquerais que « Sucker punch » est aussi le nom d’un développeur de jeu, notamment connu pour la série Sly. Aucun rapport ? Certes. Mais c’est dit quand même.

Plutôt enthousiasmantes, ces premières minutes nous laissent espérer un film d’action encore plus libre et débridé que ne l’était déjà 300. En s’affranchissant des limites imposées par la réalité et la vraisemblance (on est ici dans le domaine du rêve et du fantasme), le réalisateur peut laisser libre cours à ses délires les plus fous. Du coup, on se prend à rêver : Snyder aurait-il finalement réussi à trouver la bonne alchimie entre films et jeux vidéo ? Entre les bons jeux qui font de mauvais films (on ne les citera pas, mais à peu près tous) et les films (bons comme mauvais) qui font quasi-systématiquement de mauvaises adaptations vidéoludiques (et cessez de brandir le Goldeneye de 1997, c’est bien la seule exception qui confirme la règle!), il reste un espace béant à remplir. Prions pour que Sucker Punch apporte une première pierre à ce nouvel édifice cinémato-vidéoludique qui ne demande qu’à se construire.

Alors ce film, on ira le voir ou pas ? Oui. Parce que la bande-annonce donne franchement envie, que le réalisateur assume pleinement la démesure de son sujet et semble s’en être donné à coeur joie. Attention quand même à ne pas sombrer dans la série B sans âme.

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