Nature morte

Cannes – Palme d’or

The Tree of Life

Repos éternel de Terrence Malick avec Brad Pitt, Jessica Chastain, Sean Penn

Sortie le 17 mai 2011.

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2 minutes 05 : T’es rance, Malick !

Une fois n’est pas coutume, je vais m’attarder aujourd’hui sur la bande-annonce d’un film déjà sorti en salles. Mais pas n’importe quel long-métrage, puisqu’il s’agit rien de moins que la palme d’or du festival de Cannes : le Tree of Life de Terrence Malick.

Alors, me direz-vous, pourquoi me donner cette peine pour un film dont plus personne n’a rien à faire du teaser ? Je m’intéresserais d’ailleurs un de ces jours au triste destin qu’est celui d’une bande-annonce, très vite délaissée alors que, toute fraiche et inédite, elle est livrée, l’espace de quelques heures, de quelques jours, à la prédation toute strauss-khanienne de milliers d’yeux avides et mateurs, qui n’hésiteront pas ensuite, une fois consommée, à la jeter façon kleenex au profit d’une autre, plus jeune, plus audacieuse, plus aguichante, reléguant son ainée sur le trottoir médiatique du divertissement, pauvre pépée esseulée abandonnée aux mains de quelque pervers du net qui s’en empareront pour leur plaisir sadique, la maquillant, la détournant, l’humiliant, la déformant et la rendant tellement méconnaissable que même son papa cinéaste ne la reconnaitrait pas tapinant rue Saint-Denis.

Mais ceci est une autre histoire. Avec Tree of Life, jamais le Jugement Premier n’aura aussi bien incarné son rôle de service public. Car en lui consacrant maintenant 3 minutes de votre temps,  vous sauverez 2h20 de votre vie (cette promesse sonne comme une publicité pour la sécurité routière).

Car Terrence Malick est un arnaqueur. Et un imposteur. Rappellez-vous Le nouveau monde. Dès les premières lignes du scénario, on croit avoir à faire à une version new-age de Pocahontas. Que nenni ! Les premiers mots du film nous révèle sa véritable inspiration : « La terre… l’eau… le vent… »

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Nul ne sait si c’est la teinte schtroumpfesque ou le slip rouge moulé dans du granit du Capitaine Planet qui a séduit Malick, mais toujours est-il qu’il semblait davantage guidé par ses hormones que par son oeil de cinéaste au moment de choisir le héros du film. Ce qui explique sans doute la présence tout à fait improbable de Colin Farell au casting. Là, tout le monde se dit qu’on va avoir droit à un film qui claque, qui bastonne, avec le remuant acteur d’Alexandre le Grand et de Miami Vice. Grosse désillusion : Malick réussit à transformer notre Paris Hilton du septième art en Line Renaud. Stupéfiant.

Alors, connaissant le potentiel de Brad Pitt pour générer l’ennui (j’aime beaucoup Brad Pitt, mais je tiens quand même à rappeler la jurisprudence Babel), inutile de vous dire qu’il vaut mieux passer son chemin si vous ne voulez pas risquer l’apnée mental de deux heures et demi.

En fait, Terrence Malick souffre un peu du même syndrome que Sofia Coppola dans ses films, à savoir la chiantite aigüe. Beaucoup de jolis plans, mais au prix d’une rare mollesse  dans la réalisation. Je laisserai ainsi le mot de la fin à mon confrère de Tarif critique (dont le talent n’a d’égal que son ego, ce qui n’est pas peu dire) : « Quitte à ce qu’il n’y ait que des belles images, autant faire une soirée diapo’… »

Alors, ce film, on va le voir ? A 7€ le ticket de cinéma, ça fait un peu chéro la sieste. Trouvez-vous plutôt un arbre (de vie) pour roupiller. Vous aurez votre quota de nature pour la journée, et vous vous épargnerez au passage les gémissements métaphysiques de tonton Malick.

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