Justin Bieber apporte de l’eau à son moulin

Joli coup de pub écolo pour la star des pré-pubères ! Pour ses 17 ans, Justin Bieber a demandé à ses fans de faire un don à l’association Charity Water, qui fournit de l’eau potable aux habitants de pays en développement.

Et ça marche : depuis le 1er mars, plus de 46000 dollars ont été collectés via le site dédié. Tentés ?!

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Journée mondiale de l’eau : 3 milliards d’habitants dans les bidonvilles en 2050

Moins vendeur que la Journée de la femme ou la Saint-Valentin, la journée du 22 mars mobilise peu les médias… Elle a pourtant le mérite de mettre en lumière les problèmes liés à la ressource la plus essentielle de notre planète : l’eau. Le thème de cette année : « L’eau dans les villes ». L’occasion de rappeler quelques chiffres inquiétants :

- Un quart de la population urbaine mondiale n’a pas accès à l’eau potable
- Près de 830 millions d’individus habitent les bidonvilles, sans eau courante ni électricité
- D’après ONU-Habitat, leur nombre pourrait atteindre les 3 milliards en 2050 si rien n’est fait pour enrayer la tendance – ce qui représenterait près de la moitié des habitants de notre planète !
- L’Asie centrale et du Sud et l’Afrique subsaharienne sont les deux régions les plus touchées par le phénomène, avec respectivement 43% et 63% de la population urbaine résidant dans les bidonvilles
- 8 millions de personnes meurent chaque année des maladies véhiculées par l’eau.

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Dans les bidonvilles indiens

L’Inde : la 12e économie mondiale, avec un taux de croissance de 8% par an. Un boom qui en laisse beaucoup sur le carreau : 110 millions d’Indiens vivent dans les bidonvilles qui s’amassent aux abords des grandes villes – soit un tiers de la population urbaine du pays. Rien qu’à New Delhi, ils seraient au moins 5 millions, victimes récurrentes de maladies liées au manque d’hygiène, choléra et malaria en tête.

Un phénomène qui dérange les autorités, bien décidées à donner de la capitale indienne l’image d’une ville propre et moderne, capable de concurrencer les plus grandes métropoles mondiales. Plus de 18000 logements « illégaux » ont ainsi été rasés par la municipalité, peu avant les Jeux du Commonwealth en 2010. Leurs habitants ont été relogés loin des beaux quartiers de Delhi, à une trentaine de kilomètres au sud du centre-ville. Toujours dans des taudis, toujours sans eau potable ni électricité.

Trois étudiants du CFJ ont arpenté les rues du bidonville de Ghazipur, où vivent les « waste pickers » (ramasseurs d’ordures) de New Delhi. Lire l’article.

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La France poursuivie pour ses pollutions agricoles et industrielles

La Commission européenne traduit la France en justice pour le non respect d’une directive relative à la maîtrise et à la prévention des pollutions industrielles.

« Quatre ans après l’échéance du délai, la France n’a toujours pas pris les dispositions nécessaires en ce qui concerne plusieurs installations industrielles afin de garantir leur conformité avec [la] directive », indique la Commission dans un communiqué du 14 mars. Les Etats membres avaient en effet jusqu’à 2007 pour se conformer à la directive IPPC adoptée en 1996. Ce texte prévoit des exigences accrues pour l’exploitation des installations industrielles les plus polluantes.

Fin 2009, la France a déjà reçu des menaces de la Commission européenne sous la forme d’une mise en demeure de respecter le texte. A l’époque 784 installations sur les 6.400 concernées par la directive devaient encore être examinées. Aujourd’hui, il en reste encore quarante-trois. Le contrôle est assuré par l’Inspection des installations classées pour la protection de l’environnement, qui dépend du ministère de l’Ecologie.

Depuis sa mise en demeure, la France s’est engagée à accélérer le processus. La Commission estime cependant que le « rythme » n’est pas satisfaisant. En Europe, la Suède, le Danemark, les Pays-Bas, le Portugal, la Slovénie, l’Espagne et l’Estonie ont fait l’objet de recours similaires.

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New Delhi : la rivière aux ordures

Chaque jour, les habitants de New Delhi déversent plus d’un milliard de litres d’eaux usées dans les cours d’eaux de la capitale indienne.

Derrière le quartier chic de Jangpura, en plein coeur de la capitale indienne.

Sacs plastiques, déchets électroniques et vieux papiers. En voyage d’études à New Delhi durant ces deux dernières semaines, j’ai été frappée par la quantité d’ordures qui flotte à la surface de la Yamuna et de ses affluents. Alors même que le gouvernement indien se targue d’être à la pointe de la recherche environnementale.

Quel que soit le quartier, le même constat de catastrophe écologique. Ici, à Lajpat Nagar.

Pour en savoir plus, je vous conseille vivement la lecture de cet article sur le blog des étudiants du CFJ, Delhi Planet.

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Eure-et-Loir : « Eau secours » la pollution

Un Eurélien sur quatre n’a pas accès à l’eau potable. La faute à une pollution entretenue par des agriculteurs puissants, dont l’Etat se rend complice en n’agissant pas assez efficacement.

« Les gens s’empoisonnent en toute inconscience » : Gérard Leray, militant écologiste de l’association Eau Secours 28 tire la sonnette d’alarme. Il y a deux ans déjà, le préfet d’Eure-et-Loir lui-même s’inquiétait de la pollution récurrente des eaux du département. « L’eau potable demeure une denrée rare en Eure-et-Loir », déclarait Jean-Jacques Brot en septembre 2009 aux élus locaux. Entre-temps, rien a été fait – ou presque. Les discours restent, les pollueurs aussi.

L’Eure-et-Loir ? Un département méconnu mais essentiel à l’économie française, au sud-ouest de l’agglomération parisienne. Un des fers de lance des exportations agricoles du pays où s’étendent, à  perte de vue, des champs de céréales nourris des dernières innovations du secteur agro-chimique.

Mais pour près d’un quart de la population locale, ces champs sont aussi la principale cause d’une dégradation constante des ressources en eau. Autrement dit, ce sont près de 50 000 personnes qui n’ont pas accès à l’eau potable dans le département, depuis près de trente ans. Selon un rapport de la Direction régionale des affaires sanitaires et sociales du Centre publié en mai 2009, « la pollution diffuse [des eaux] est la conséquence, pour l’essentiel, des pratiques agricoles », et plus précisément de l’usage massif d’engrais chimiques azotés.

A ce titre, les chiffres avancés conjointement par la Préfecture et le Conseil général d’Eure-et-Loir sont éloquents : « La surface du département concernée par le dépassement de la limite des 50 mg/L de nitrates est passée de 10% en 1995 à 25% en 2000, puis 40% en 2001. La situation est restée stable de 2002 à 2008 du fait que ces hivers n’ont été que moyennement arrosés, mais on pourrait constater une nouvelle dégradation de la qualité dès le prochain hiver excédentaire en pluies. »

source : musée de l’Agriculture Le Compa

Et les nitrates ne sont pas les seules substances toxiques relevées par les services sanitaires : avec la Seine-et-Marne, l’Eure-et-Loir concentre 75% des restrictions de consommation d’eau potable en France, sur le critère des pesticides.

LEGISLATION ET LOBBYING

La situation particulière que connaît l’Eure-et-Loir est due en partie à sa structure géologique. « Grenier à blé » fertile et plateau de calcaire fragmenté, la Beauce occupe le quart du département. « Le sol y est très perméable. En sept jours seulement, l’eau polluée par les nitrates et les pesticides s’infiltre dans la nappe phréatique », explique Gérard Leray.

Pourtant, le décret du 12 septembre 2006 stipule, d’une part, que « l’épandage [est] interdit [...] sur les terrains [...] très perméables ». En d’autres termes, les méthodes de l’agriculture intensive n’auraient jamais dû y être autorisées.

La loi est claire, mais « impossible de la faire respecter », dénonce Bertrand Pouchin de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Cet habitant de Nonvilliers-Grandhoux, en plein coeur du département, a tenté à plusieurs reprises d’alerter les pouvoirs publics sur les pratiques illégales de certains de ses voisins céréaliers : épandage par grand vent, abandon de bidons de pesticides en pleine nature,… Tandis que la mairie ferait la sourde oreille, la gendarmerie refuserait de venir constater les infractions au Code de l’Environnement.

« Tenir tête à l’ensemble de ceux qui font ça, à un groupe céréalier, c’est s’exposer à des risques. J’ai reçu des menaces de mort, des coups de fil anonymes », témoigne celui qui a fondé l’association Eau Secours 28 en 2009.

Tout le problème est là : les manquements aux obligations environnementales sont légion en Eure-et-Loir, mais les pouvoirs publics laissent faire. Les raisons sont multiples. On pourrait d’abord souligner la dilution des responsabilités et des moyens financiers : la question de la pollution des eaux potables par les pratiques agricoles concerne trois ministères (Santé, Agriculture, Environnement) et autant d’échelons administratifs (commune, département, Etat).

Surtout, le lobbying du syndicat agricole majoritaire (la FNSEA) et des producteurs de semences et produits phytopharmaceutiques est régulièrement dénoncé par les associations écologistes – mais pas seulement. En février 2010, la Cour des Comptes affirmait : « Les comités de bassins des agences de l’eau [en charge du soutien financier au traitement préventif des eaux] sont dominés par les groupes professionnels, mieux à même de faire prévaloir leurs préoccupations dans la durée que les élus et les associations ». Une opinion partagée par le Conseil d’Etat en juin dernier : « une lutte efficace contre les pollutions diffuses d’origine agricole implique le courage de résister en temps utile aux intérêts ou secteurs économiques dont l’activité dégrade l’environnement ».

Dans un département rural tel que l’Eure-et-Loir, la collusion entre pouvoir et agriculture conventionnelle semble évidente : un quart de ses élus sont agriculteurs ou directement liés à l’activité agricole. Dans son bilan d’actions, le Conseil général d’Eure-et-Loir l’affichait clairement : « Il faut reconnaître que des facteurs tant administratifs que financiers ou encore humains freinent la poursuite » de l’action en faveur de l’environnement.

Face à des intérêts économiques colossaux, la poignée de militants de l’association Eau Secours 28 semble bien démunie. En novembre dernier, ceux-ci ont signé un partenariat avec WWF-France pour mener une campagne de sensibilisation des populations. « Il n’y pas de prise de conscience comme en Bretagne », déplore Gérard Leray. Dans les prochains mois, ils envisagent de mettre en place un site Internet regroupant les analyses effectuées par leurs soins dans chacune des 403 communes du département.

« UN PANSEMENT SUR UNE JAMBE DE BOIS »

L’exemple ne viendra probablement pas d’en haut. Depuis l’été dernier, l’Etat et la FNSEA semblent au diapason. Au mois d’août, le président de la République Nicolas Sarkozy demandait un moratoire sur les obligations environnementales ; en octobre, le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire réfléchissait à « adapter un certain nombre d’objectifs qui ne sont plus atteignables », tandis que le secrétaire général de la FNSEA, Dominique Barrau, dénonçait l’« excès de zèle » de la France.

En décembre, le président de la FDSEA 28, Eric Thirouin, réclamait une « pause environnementale », un élément de langage repris quelques jours plus tard par Bruno Le Maire.

Le 12 janvier dernier, lors de son entretien à l’Elysée, Xavier Beulin, président de la FNSEA et céréalier beauceron, demandait à Nicolas Sarkozy de « traduire en actes » les « souhaits » qu’il avait exprimés sur les questions environnementales, au salon de l’Agriculture en mars 2010. On se souvient de la phrase prononcée alors par le chef de l’Etat : « L’environnement, ça commence à bien faire ». Nitrates et pesticides ont encore de beaux jours devant eux.

Avec la multiplication des études alarmantes sur le sujet, les responsables locaux se veulent néanmoins rassurants et volontaristes. Depuis 2009, la préfecture d’Eure-et-Loir a décidé de ne plus autoriser d’extension d’urbanisation dans les communes délivrant une eau non-conforme à ses administrés. Les discours d’intention s’enchaînent, les plans d’actions aussi. Avec un seul mot à la bouche : l’interconnexion, qui consiste à raccorder les communes à une source d’eau potable commune en abandonnant les points de captage contaminés… sans les dépolluer.

Mais la solution miracle a un coût – « cent millions d’euros », selon Claude Térouinard, maire (apparenté UMP) du village de Châtillon-en-Dunois – et des détracteurs : « C’est un pansement sur une jambe de bois », s’insurge Gérard Leray, soutenu par le WWF-France : « Les mesures prises au niveau local permettent d’améliorer la qualité de l’eau potable sur le critère des pesticides mais cela ne traduit pas une amélioration de la qualité des eaux brutes ».

Sans oublier que les nappes souterraines communiquent : en pompant dans l’une d’entre elles, on crée une dépression qui entraîne l’eau de la nappe voisine – potentiellement polluée – en son sein. Dans son bilan d’actions de la 2e Charte de l’environnement, le Conseil général d’Eure-et-Loir prévoit que « sur près de 400 captages d’eau potable existants il y a vingt ans, seul un tiers d’entre eux pourrait être maintenu d’ici une dizaine d’années ».

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