La Marge Raconter la vie des autres, de ceux mis a l'index. Parce que dans la marge, on ecrit toujours en rouge.

28fév/110

Les sans-papiers de Vincennes en greve de la faim

Par Eric Kuoch

crédit : Flickr/CC/Neno°

Les sans-papiers du CR1, un des trois centres de rétentions du Bois de Vincennes, se sont mis en grève de la faim depuis le 24 février selon l'AFP. Cette action fait suite à un supposé acte de violence de la part d'un surveillant sur un des retenus selon l'Assfam (l'Association service social familial migrants).

La préfecture de Police a quant à elle démenti toute violence des surveillants à l'égard d'un des pensionnaires du centre de rétention en question. Sa version des faits, "un retenu a allégué avoir fait l'objet de violences de la part d'autres retenus et il a été changé d'unité afin d'assurer sa protection", a rapporté un porte-parole de la préfecture. Une action devenue une quasi habitude  selon les autorités de Police. Elles ont d'ailleurs qualifié l'évènement de "rien d'exceptionnel".

Les sans-papiers de Vincennes dénoncent des conditions de rétention difficiles. "Ils ne supportent plus leur situation et il suffit d'une étincelle", estime Solange Odiot, porte-parole de l'association Sôs-Soutien ô sans-papiers. Elle soutient la version des grévistes de la faim selon laquelle l'un d'entre eux aurait été "tabassé" par des agents de Police en charge du centre.

En 2008, la mort d'un sans-papiers d'origine tunisienne à l'intérieur du centre de rétention de Vincennes avait été à l'origine de la colère des 250 retenus de l'établissement. Une partie des locaux avait été incendiée. S'en était suivie une mobilisation de plusieurs jours. Un moment de fortes tensions entre Force de l'ordre et sans-papiers. L'évènement avait provoqué à l'époque une mobilisation de la part des associations d'aide aux immigrés et des partis politiques de gauche.

Le nombre d'immigrés en situation irrégulière en France se situe entre 200 000 et 400 000 en France selon le ministère de l'Intérieur et de l'Immigration. Les 23 centres de rétentions situés sur l'ensemble du territoire accueillent les personnes en attente d'une expulsion.

25fév/112

Chambre 23, dossier 8, 14 minutes

par Juliette Droz  (illustrations Coline Droz)

En charge des comparutions immédiates, la 23ème chambre de la Cour d'appel de Paris scelle le sort des prévenus en temps réel. Une procédure judiciaire simplifiée. Et expéditive.

« Dossier numéro 8. Monsieur Badiou V. » A l’annonce du greffier, un garçon en blouson gris se dresse dans le box des prévenus. Aujourd’hui, c’est mercredi – jour du défilé des comparutions immédiates. Flanqué de trois magistrats, le président, Maître Guitare, commence par vérifier l’identité du jeune homme. Il débite la biographie de Badiou comme une notice de montage. Date et lieu de naissance, âge, nationalité, profession, lieu de résidence. Hochements de tête timides derrière la vitre des prévenus. Le regard fuyant, le jeune homme d’origine africaine oscille de gauche à droite.

23fév/110

Un nouveau Mur des Expulses pres de Pau

Les artistes du Studio Tricolore travaillent sur le "Mur des Expulsés" - crédit : Communauté Emmaüs Lescar-Pau

Une nouvelle version du « mur des expulsés » a été inauguré le 19 février. Logé sur un parking de Lescar, un wagon coloré offre un spectacle inattendu aux automobilistes de l'A64. Parrainé par la communauté Emmaüs Lescar-Pau, cette peinture murale du Studio Tricolore est dédiée à la mémoire des sans-papiers reconduits à la frontière. Cette fresque, couvert de messages de solidarité, est la seconde du genre. La première, peinte sur un bâtiment public à Billière, a été effacée en novembre dernier suite à une décision de justice. Le préfet avait alors jugé que le maire était sorti de son « devoir de neutralité » en faisant réaliser cette oeuvre.

-> Lire l'article du Parisien, Sans-papiers: le "mur des expulsés" reconstitué par Emmaüs, près de Pau

-> Lire l'article de Sud-Ouest, La fresque des expulsés renaît

21fév/112

Les Aborigenes entrent dans l’arene politique

Par Baptiste Condominas

Créé le 10 janvier, le First Nations Political Party est le premier parti aborigène d'Australie. Une nouvelle voix pour une population écartée de la vie politique depuis toujours.

Le logo du First Nations Political Party

C'est un long rêve qui prend forme. Après plus de 200 ans de luttes, les Aborigènes d'Australie ont désormais un parti politique. Le 10 janvier, la Commission Electorale Australienne a enregistré le First Nations Political Party (FNPP). Sous l'impulsion de l'activiste Maurie Japarta Ryan, le FNPP entend représenter les intérêts des peuples aborigènes.

20fév/110

Man on the run

By Agnes Bun

Souhalito Timité - crédit : Agnès Bun

Souhalito Timité does not walk, he runs. Especially this morning, as he is late for his soccer practice. At the stadium, the game has not started yet. The other players are shivering. Timité only wears a light jacket, but he does not feel the cold. He lights a cigarette, kicks imaginary balls, and asks for the time, twice.

In soccer, Timité is a striker. But in life, he is a runner, who spent most of his existence running away. First from the Ivory Coast rebel army, who enlisted him as a child soldier. “My life was in danger,” he says. Then from the French police. Timité may be a political refugee, but according to the French law, he is an illegal immigrant.

14fév/110

Elsa, femme de taulard

par Eric Kuoch

Elsa (1) se bat pour un homme condamné à 15 ans de prison ferme pour viol et inceste. Entre rejet, solitude, et incompréhension, elle vit la prison de l'extérieur. Cette exclusion sociale, elle en a fait son cheval de bataille.

Prison de Seodaemun à Seoul Corée du Sud - crédit : Flickr/CC/Dar

Elle est assise sur le muret et personne ne pourra l’en déloger. Elle a raison et va le prouver. À la maison d’arrêt de Fresnes, personne n'a le droit de s’asseoir ou sauter par dessus « la murette » qui sépare détenus et visiteurs. Mais Elsa, 41 ans, n’est pas du genre à se laisser impressionner. Lorsque les matons lui ordonnent de descendre, elle brandit la copie d’une loi de 1983 qui interdit toute « séparation au parloir ». Elle l’avait glissée dans une de ses poches. « Vous n’avez pas honte ? Vous en prendre à une femme d’à peine 1,58m! » leur lance-t-elle, furieuse. Le directeur, prévenu de l’incident, intervient. Il lui donne raison. Victoire.

14fév/110

Et hop, c’est parti

Ca y est, vous avez franchi la ligne. Bienvenue dans la Marge.