La Marge Raconter la vie des autres, de ceux mis a l'index. Parce que dans la marge, on ecrit toujours en rouge.

31mar/110

Musulmans et Homosexuels

Par Valentine Pasquesoone

Ils parlent d’une “double discrimination”. Samy, Nelson, Assia et Djamel sont membres de l’association HM2F, Homosexuels Musulmans de France. Gay, musulman: deux identités fièrement revendiquées mais encore difficiles à accepter. Et surtout, à faire accepter. Dans leurs environnements familiaux comme au sein de la communauté gay, peu, aujourd’hui, pensent l’islam et l’homosexualité comme pleinement compatibles. Face au rejet, ils voient désormais leur foi comme un cheminement personnel. Une relation unique “entre Dieu et moi”, quoiqu’en disent les autres. Rencontre.

22mar/110

Salaries francais, mais pas citoyens…

Par Eric Kuoch

A La fin 2010, les travailleurs sans-papiers ont décidé d'occuper la Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration, à la Porte Dorée, à Paris. La France représentait une terre d'abondance pour eux. Maintenant, ils se battent pour se faire régulariser. Maciré Tandia fait partie de ces travailleurs anonymes à la marge de la République.

crédit : Cité de l'Histoire de l'Immigration/Eric Kuoch

Il avait 21 ans quand il a "débarqué Terminal D" à l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle. Rien que le nom du général avait un goût de France. Un goût qui lui a pourtant laissé un sentiment d'amertume.

Il est sorti de l'avion par l'avant. Un symbole. Il avait "un passeport et un visa d'entrée valides". Et pourtant. Le flot des passagers, revenus de vacances, s'est déversé vers la sortie du contrôle des douanes. Lui, le "campagnard ", venu de la région de Kaï, au Mali, sans les artifices des citadins de Bamako, s'est fait arrêter. "Asseyez-vous là monsieur, restez tranquille dans le coin", lui a lancé le douanier, impassible. Il a attendu une demi-heure. Puis on l'a emmené dans le local réservé à "ceux qui ne sont pas en règle". Pour finir, un policier a observé ses papiers avant de lâcher "Si tu veux y aller, c'est bon". Il était 2 heures du matin. C'est ainsi qu'il a découvert pour la première fois Paris.

>> Lire la Suite de l'article sur le site de l'Ecole de Journalisme de Sciences Po Paris >>

15mar/110

Mobilisation contre la reforme de la psychiatrie

Par Baptiste Condominas

Suite à l'appel du collectif des 39, plusieurs centaines de personnes se sont mobilisées mardi 15 mars contre un projet de loi jugé sécuritaire et liberticide, à quelques heures de l'ouverture des débats au Parlement.

Rassemblement place Herriot, le 15 mars, crédit : La Marge

Devant l'Assemblée nationale, une foule colorée assiste à un étrange spectacle. Un médecin administre des injections avec une seringue géante, insensible aux plaintes de ses patients. Il hurle, gesticule, s'en prend à tout ce qui lui semble anormal. « Les médicaments, il n'y a que ça de vrai, après on fera des tests par ordinateur » clame-t-il, avant de lancer « L'accueil chaleureux, ce n'est pas scientifique ! ». Mais au-delà du rire, c'est l'inquiétude de voir une psychiatrie à visage humain disparaître.

13mar/112

David, SDF : « Je meurs si je ne suis pas rase de pres »

Par Judith Duportail

Depuis dix ans. 133 000 personnes se demandent tous les jours comment manger, où dormir, comment se laver. Etre digne, quand on a ni travail ni logement. Quand la vie se résume à trois lettres : SDF. David est l’un d’entre eux. Nous l’avons suivi dans son combat pour ne pas sombrer.

crédit : Flickr/CC/Ludo29880

David change de chaussettes deux fois par jour. «Je marche toute la journée, je ne veux pas puer des pieds», explique-t-il en posant sur un radiateur la première paire de la journée qu’il a lavée à la main. Il s’assoit sur une chaise à proximité sans quitter ni son chapeau ni son manteau. «Je me lave tous les jours, je meurs si je suis pas rasé de près. Ma hantise, c’est d’être sale». Alors il se débrouille, entre les douches, les lavabos et les machines à laver des centres d’accueil, comme ici, à La maison dans la rue dans le 12ème arrondissement de la capitale. «Je m’achète dès que je peux du gel douche antibactérien en pharmacie, poursuit David, ça coûte 10 euros, tant pis si je ne fume pas pendant plusieurs jours. Je ne veux pas attraper des puces, vous imaginez, des puces...comme un chien.»

3mar/110

Grece : 286 sans-papiers en greve, jusqu’a la fin

par Juliette Droz

Credit : Thanassis Stavrakis

Ils ont cessé de s’alimenter depuis un mois. De l’eau, du sucre, du sel : c’est tout ce qu’ingèrent les 286 immigrés sans-papiers entrés en résistance à Athènes et Thessalonique (nord) il y a 39 jours. Hier, une cinquantaine d’entre eux avaient du être hospitalisés – aujourd’hui, ils sont 98 sur le brancard. Déterminés, ils ont menacé d’aller « jusqu’au bout » si les autorités n’ouvrent pas le dialogue.

Empêtré dans une situation qui pourrait dégénérer, le gouvernement grec cherche une issue. Il a proposé hier un nouveau compromis aux sans-papiers : en échange d’un arrêt de la grève de la faim, il se dit prêt à accorder aux protestataires six mois de séjour sur le territoire grec, dans l’attente d’un réexamen de leur dossier. La semaine dernière, les grévistes avaient rejeté un compromis similaire, réclamant une régularisation immédiate et sans conditions.

Originaires du Maghreb pour la plupart, nombreux sont les grévistes qui ont perdu leurs papiers en perdant leur travail. Car en Grèce, n’a droit à un titre de séjour que celui qui paie des cotisations sociales. D’autres sont victimes des ratés de la dernière régularisation de 2005, ou sont arrivés après cette procédure. Au total, entre 350.000 et 480.000 personnes seraient en situation irrégulière sur le territoire grec.

lire l'article du FigaroGrèce : grève de la faim de sans-papiers

lire l'article du Nouvel ObsGrèce : hospitalisation de migrants en grève de la faim

1mar/110

Russie : un maire suggere de tuer les SDF

Crédit : Flickr/CC/EricRudolph

Pour faire face au problème croissant des sans-abri, le maire de Tchita, en Sibérie orientale, s'est proposé de les fusiller. Dans cette ville de 300 000 habitants, l'unique centre d'hébergement est limité à 120 places. Alors que les SDF représentent 10% de la population de la ville. La mesure extrême suggérée par le maire Anatoli Mikhalev, par ailleurs membre du parti Russie unie, a fait un tollé vendredi 25 février.

Face aux députés locaux, il a regretté ne pas avoir « de licence pour tirer sur les sans-abri » ni « de moyens légaux pour en venir à bout », rapporte l'AFP. Une « blague » a-t-il assuré après coup. Mais une blague qui soulève une question sensible en Russie. D'après le ministère de l'Intérieur, les SDF seraient entre 150 000 et 300 000. Des chiffres trop bas selon certains experts, qui estiment leur nombre entre 1,5 et 4,2 millions, sur une population totale de 141,2 millions d'habitants.

Lire l'article du Figaro → Un maire russe voudrait tirer sur les SDF

Lire l'article du Nouvel Observateur → En Russie, un maire voudrait fusiller les sans-abri

1mar/110

Encore 24 heures sans eux

Par Eric Kuoch

24 heures sans nous, une journée sans immigrésDes centaines d'immigrés n'iront pas au travail le 1er mars. Ils participent à la journée " 24 heures sans nous, une journée sans immigrés ". L'objectif est de montrer l'apport économique des immigrés dans l'économie française. Pour cela, le collectif appelle à une journée entière sans travail, "Durant 24 heures, participons à la non-activité économique dans les entreprises, dans les associations, dans la fonction publique, dans les écoles et les lycées, dans les universités, dans les hôpitaux, dans les associations, dans les commerces, dans l’industrie, dans le bâtiment, dans l’agriculture, dans les services, dans les médias, dans la politique ", est-il inscrit sur leur site internet.

La première édition avait eu lieu en 2010 à la même date et avait mobilisé quelques centaines de personnes dans toute la France. Le collectif veut, à travers une telle manifestation, exprimer son opposition à une politique gouvernementale qu'il estime stigmatisant à l'égard des populations immigrées. "Ensemble, nous décidons de ne pas participer à la vie de la Cité. Par cette absence, nous voulons marquer la nécessité de notre présence", explique-t-il dans son manifeste.

L'idée a d'abord germé en 2009, lors de la sortie du ministre de l'Identité Nationale et de l'immigration d'alors, Brice Hortefeux. A la manœuvre, trois trentenaires issus de l'immigration, Peggy Derder, Nadir Dendoune et Nadia Lamarkbi. Un professeur et deux journalistes qui veulent se dresser contre un climat qu'ils jugent délétère. Pour mobiliser, ils décident de lancer une page Facebook. Résultat, 3200 "like" pour la mobilisation du 1er mars en 2010 et 3700 en 2011.

Pour se reconnaître, ils avaient besoin d'un signe distinctif. Tous les participants portent donc un ruban jaune. A Paris le rendez-vous a été donné place de la Bourse à midi. "une flash mob" sous forme de symbole avec le déploiement d'une banderole pour marquer l'évènement.