La Marge Raconter la vie des autres, de ceux mis a l'index. Parce que dans la marge, on ecrit toujours en rouge.

2mai/110

Quand des mal-loges defient Bertrand Delanoe

par Juliette Droz 

Vendredi dernier, Le Centre de formation des journalistes accueillait Bertrand Delanoë pour répondre aux questions des étudiants. Invité-surprise, le collectif des Mal-Logés en Colère a tenté d'intercepter le maire de Paris.

Une cinquantaine de militants a tenté de pénétrer dans l'établissement. (Photo Jean-Charles Barès)

Un mégaphone dans une main, un gamin dans l’autre, une femme en boubou beige lance la première salve : « Police partout, logement nulle part. On veut Delanoë, libérez les mal-logés ». Autour d’elle, une cinquantaine de voix résonnent en écho. Les mains claquent en rythme. Dans le cortège, ni étendards ni banderoles, mais des poussettes et des enfants en bas-âge. 

Sur le perron du Centre de formation des journalistes, situé rue du Louvre, le collectif des Mal-Logés en Colère fait entendre sa voix. Ce midi, Bertrand Delanoë vient répondre aux questions des étudiants en journalisme. « Notre collectif n’a jamais été reçu ni écouté par le maire, depuis sept ans que nous en faisons la demande, précise le tract qui circule de main en main. Pour une rencontre avec son cabinet, il nous faut mener une dizaine de manifestations. » 

Alors aujourd’hui, ils sont arrivés en avance - mais ils ne sont pas les seuls. Devant l’établissement, le long de la rue du Louvre, huit camions de police balisent le périmètre . « Il y a plus de monde que pour le ministre du logement », ironise une militante, frappée par l’importance du dispositif de sécurité. « Avec lui, c’est pire qu’avec la droite, c’est le roi », s’indigne une autre. 

Autour des manifestants, un cordon d'uniformes bleus verrouille le passage. (Photo Hélène Renaux)

 

L’arrivée de Bertrand Delanoë est imminente. Les CRS se mettent en ordre de bataille. Autour des manifestants, l’étau se resserre. Un cordon de képis et d’uniformes bleu marine se forme. Tout se passe très vite. Escorté par les forces de police, le maire de Paris s'engouffre dans l’établissement par la rue d’Aboukir. Vingt mètres plus loin, le collectif n’a rien pu faire. Qu’importe. Les têtes et les mégaphones pivotent vers le haut de l’immeuble et scandent sans relâche : « On bouge pas, on reste ici. La lutte continue, on n’est pas fatigués ».

Trois étages plus haut, dans une ambiance feutrée, Bertrand Delanoë fait face aux étudiants en journalisme. Dans la salle, pas une question sur le sitting du collectif devant l’école, peu sur la politique de logement de la ville. En bas, aucun signe de fatigue, aucune trace d'essoufflement. Depuis près de deux heures, les slogans résonnent avec la même force,  portés par un groupe à l’unisson. L’endurance sans les débordements. En marge du cercle qui enserre le groupe, droit dans ses bottes, un policier glisse à son voisin : « Ils sont forts quand même. » 

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