La Marge http://cfj65.pressebook.fr/lamarge Raconter la vie des autres, de ceux mis a l'index. Parce que dans la marge, on ecrit toujours en rouge. Tue, 03 May 2011 22:16:07 +0000 en hourly 1 http://wordpress.org/?v=3.0.4 Quand des mal-loges defient Bertrand Delanoe http://cfj65.pressebook.fr/lamarge/2011/05/02/des-mal-loges-defient-bertrand-delanoe/ http://cfj65.pressebook.fr/lamarge/2011/05/02/des-mal-loges-defient-bertrand-delanoe/#comments Mon, 02 May 2011 23:03:28 +0000 lamarge http://cfj65.pressebook.fr/lamarge/?p=442

par Juliette Droz 

Vendredi dernier, Le Centre de formation des journalistes accueillait Bertrand Delanoë pour répondre aux questions des étudiants. Invité-surprise, le collectif des Mal-Logés en Colère a tenté d'intercepter le maire de Paris.

Une cinquantaine de militants a tenté de pénétrer dans l'établissement. (Photo Jean-Charles Barès)

Un mégaphone dans une main, un gamin dans l’autre, une femme en boubou beige lance la première salve : « Police partout, logement nulle part. On veut Delanoë, libérez les mal-logés ». Autour d’elle, une cinquantaine de voix résonnent en écho. Les mains claquent en rythme. Dans le cortège, ni étendards ni banderoles, mais des poussettes et des enfants en bas-âge. 

Sur le perron du Centre de formation des journalistes, situé rue du Louvre, le collectif des Mal-Logés en Colère fait entendre sa voix. Ce midi, Bertrand Delanoë vient répondre aux questions des étudiants en journalisme. « Notre collectif n’a jamais été reçu ni écouté par le maire, depuis sept ans que nous en faisons la demande, précise le tract qui circule de main en main. Pour une rencontre avec son cabinet, il nous faut mener une dizaine de manifestations. » 

Alors aujourd’hui, ils sont arrivés en avance - mais ils ne sont pas les seuls. Devant l’établissement, le long de la rue du Louvre, huit camions de police balisent le périmètre . « Il y a plus de monde que pour le ministre du logement », ironise une militante, frappée par l’importance du dispositif de sécurité. « Avec lui, c’est pire qu’avec la droite, c’est le roi », s’indigne une autre. 

Autour des manifestants, un cordon d'uniformes bleus verrouille le passage. (Photo Hélène Renaux)

 

L’arrivée de Bertrand Delanoë est imminente. Les CRS se mettent en ordre de bataille. Autour des manifestants, l’étau se resserre. Un cordon de képis et d’uniformes bleu marine se forme. Tout se passe très vite. Escorté par les forces de police, le maire de Paris s'engouffre dans l’établissement par la rue d’Aboukir. Vingt mètres plus loin, le collectif n’a rien pu faire. Qu’importe. Les têtes et les mégaphones pivotent vers le haut de l’immeuble et scandent sans relâche : « On bouge pas, on reste ici. La lutte continue, on n’est pas fatigués ».

Trois étages plus haut, dans une ambiance feutrée, Bertrand Delanoë fait face aux étudiants en journalisme. Dans la salle, pas une question sur le sitting du collectif devant l’école, peu sur la politique de logement de la ville. En bas, aucun signe de fatigue, aucune trace d'essoufflement. Depuis près de deux heures, les slogans résonnent avec la même force,  portés par un groupe à l’unisson. L’endurance sans les débordements. En marge du cercle qui enserre le groupe, droit dans ses bottes, un policier glisse à son voisin : « Ils sont forts quand même. » 

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Ils squattent un ancien centre aere et revent d’autogestion http://cfj65.pressebook.fr/lamarge/2011/04/25/ils-squattent-un-ancien-centre-aere-et-revent-dautogestion/ http://cfj65.pressebook.fr/lamarge/2011/04/25/ils-squattent-un-ancien-centre-aere-et-revent-dautogestion/#comments Mon, 25 Apr 2011 23:09:22 +0000 lamarge http://cfj65.pressebook.fr/lamarge/?p=425

par Juliette Droz (envoyée spéciale en Dordogne)

Depuis un mois un collectif occupe un centre de loisirs inoccupé depuis 2005. Le tribunal de Périgueux vient de confirmer leur expulsion, mais les squatteurs tiennent bon.

Photo Jean-Christophe Sounalet (Sud-Ouest).

«Nous, collectif informel du village Kon'kret, avons occupé l'ancien centre aéré de La Daudie, propriété de la mairie de Périgueux, depuis le 25 mars.» Refusant de décliner leur identité, deux individus ont remis un communiqué à la presse locale vendredi 16 avril en fin d'après-midi. La veille, ils comparaissaient devant le tribunal de grande instance, pour répondre d'une procédure d'expulsion lancée par la mairie. Le jugement a confirmé l'expulsion, mais les squatteurs s'accrochent.

Pour eux, pas question de quitter les locaux de l'ancien centre de loisirs. "Nous voulons créer un squat politique marquant un certain refus de la société. Nous sommes tous en situation précaire et avons envie de construire quelque chose", ont-ils déclaré. Discrets, ils ont refusé de dire combien de personnes occupent actuellement les locaux de l'ancien centre de loisirs.  Ce n'est pas la première fois que la Daudie est occupée de manière ponctuelle, mais cette initiative est la première qui se veut politique, et résiste sur la durée.

Sur le domaine de 23 hectares inoccupé depuis 2005, le collectif rêve d'un village autogéré. D'une  maison dans la prairie où ils vivraient éloignés du monde. Tout ce qu'ils veulent, c'est cultiver des patates et qu'on leur fiche la paix. "La liberté ne se mendie pas, elle se prend", avance un des membres du collectif. Si l'initiative prend racine, Village Kon'kret a des idées pour la Daudie : créer un lieu de rencontre pour les personnes itinérantes et pour ceux qui chercent un mode de vie alternatif.

Malgré l'acharnement du collectif, ces projets pourraient bien être tués dans l'oeuf. Le site de la Daudie, situé sur les hauteurs de Saint-Laurent-sur-Manoire semble avoir trouvé preneur. A ce jour, la discrétion entoure le dossier, mais le projet envisagé est à vocation touristique. Maisons dans les arbres et sur pilotis, services de restauration, golf à  9 trous avec club-house...Adieu veau, vache, cochon, couvée. Après 5 années de mise en jachère du site, la mairie est partie pour faire une pierre deux coups. Déloger les indésirables et rendre la région attractive. Mais pour l'heure, la petite maison dans la prairie est toujours là et ses habitants se cramponnent aux portes.

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Un phoque pas comme les autres http://cfj65.pressebook.fr/lamarge/2011/04/13/un-phoque-pas-comme-les-autres/ http://cfj65.pressebook.fr/lamarge/2011/04/13/un-phoque-pas-comme-les-autres/#comments Wed, 13 Apr 2011 14:28:07 +0000 lamarge http://cfj65.pressebook.fr/lamarge/?p=417

Par Eric Kuoch

crédit : Flikr/CC/OT

Même chez les animaux, il y a des marginaux. Un phoque a été aperçu près de la ville de Bergerac en Dordogne. Il est plus habituel de voir des phoques dans l'océan Atlantique ou sur les îles de la Manche. Mais notre ami, mammifère marin, a des envies de liberté. Un petit "Ocean trip" en solo.

En réalité, ce n'est pas le goût de l'aventure qui est à l'origine de cette petite escapade. Selon les experts, qui ont cru à un canular au début, ce serait plus l'appel du ventre qui a poussé ce phoque a parcourir des centaines de kilomètres à la nage. Il aurait suivi un banc d'aloses pour satisfaire sa gourmandise. Les phoques raffolent de ces petits poissons. Rares et protégés, l'alose est un luxe que notre voyageur a voulu s'offrir. Prêt à tout, l'animal d'1m80 s'est senti pousser des nageoires et s'est retrouvé à près de 200km de la mer.

Pourtant, il n'est pas le précurseur d'une nouvelle mode chez les phoques. En 2006 déjà, un autre de ses compatriotes s'était déjà aventuré dans le même coin. Sa présence n'a pas l'air de surprendre les scientifiques. "La dégradation des eaux des rivières a rendu le phénomène rare, mais il était courant de voir des phoques et même des dauphins remonter certaines rivières à la recherche de nourriture", analyse Willy Dabin, du Centre de recherche sur les mammifères marins (CRMM) de La Rochelle.

En quelques jours, le phoque aventurier est devenu une véritable star. Des touristes sont postés tous les jours au bord du fleuve pour apercevoir l'espace d'un instant ce voyageur pas comme les autres. Mais celui qui a voulu vivre son "Into the river" est timide et ne pointe pas souvent le bout de son museau. Un caprice de star.

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Psychiatrie : la mobilisation se poursuit http://cfj65.pressebook.fr/lamarge/2011/04/11/psychiatrie-la-mobilisation-se-poursuit/ http://cfj65.pressebook.fr/lamarge/2011/04/11/psychiatrie-la-mobilisation-se-poursuit/#comments Mon, 11 Apr 2011 17:42:41 +0000 lamarge http://cfj65.pressebook.fr/lamarge/?p=399

Par Baptiste Condominas

Devant l'hôpital de la Salpêtrière, samedi 9 avril, plusieurs centaines de personnes se sont mobilisées contre la réforme de la psychiatrie alors que celle-ci doit être débattue au Sénat

la statue de Philippe Pinel, samedi 9 avril, crédit : La Marge

La statue de Philippe Pinel, père de la psychiatrie moderne et « bienfaiteur des aliénés », veille sur le rassemblement. Sous un soleil de plomb, des intervenants se succèdent sur une tribune improvisée. Professionnels, associatifs, patients et familles insistent tous sur leur opposition à un projet de loi jugé « sécuritaire et non sanitaire ».

Le « projet de loi relatif à la psychiatrie », adopté en première lecture à l'Assemblée nationale le 22 mars, doit être examiné au Sénat début mai. Parmi les changements qu'elle préconise, les soins sans consentement figurent en tête des mesures qui attisent la colère du mouvement, initié par le collectif des 39 contre la Nuit sécuritaire. Soutenu par les partis politiques de gauche et suivi par les principaux syndicats du milieu, ce collectif lutte pour un « retrait immédiat » du texte, indique leur pétition.

François Bridier, pédopsychiatre et représentant du Syndicat des psychiatres d'exercice public (SPEP), considère que cette loi « transforme les médecins en gardiens, en CRS en blouse blanche ». « Il n'y a pas eu de concertation avec le gouvernement », souligne ce docteur « Il faut un débat avec tout le monde ». Pour lui, le problème est à la fois un sur le fond et la forme : « Au coeur de cette loi, il y a l'idée que les malades sont dangereux. Mais c'est la personne souffrante qui est en danger... »

Organisé avec des artistes et des créateurs, ce « meeting politique et poétique » se veut festif malgré l'indignation générale. Dans un coin, un peintre avec un faux nez dessine sur un panneau blanc, de l'autre, une fanfare se prépare à jouer les prochains morceaux. Sur la tribune, on lit du Khalil Gibran et on improvise une scénette de théâtre. Entre chaque intervention, des fausses publicités proposent un « spécial discount sur les bracelets électroniques » ou une « prime à la casse du gouvernement. » pour troquer des « séances de psychiatrie contre des chaînes inoxydables ».

Pourtant, le rire ne fait pas tout. C'est aussi l'inquiétude qui pointe, quand une patiente maniaco-dépressive fait part de ses angoisses à la vue des perspective qu'offrent ce projet de loi, qu'elle décrit comme « un cauchemar de science-fiction ». Un vieil homme prend à son tour la parole et témoigne de ses souffrances, brisé et écoeuré par son expérience en centre psychiatrique. Un malaise qui vient obscurcir un instant une journée de lutte marquée par un soleil éclatant.

Imperturbable, la statue de Pinel poursuit son gardiennage, surplombant les affiches du collectif : « on est démocrates, pas psychopathes », « toute déclaration de perte de raison sera suivie d'une mise en examen pour rêverie abusive ». Un intervenant s'imagine en Victor Hugo prononçant à l'attention des députés de 2011 un discours contre le projet de loi : « si la nuit sécuritaire venait à s'abattre, vous auriez à demander pardon ». Reste à savoir si les sénateurs, eux, entendront cet appel d'outre-tombe.

Article en relation --> Mobilisation contre la réforme de la psychiatrie

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Musulmans et Homosexuels http://cfj65.pressebook.fr/lamarge/2011/03/31/musulman-et-homosexuels/ http://cfj65.pressebook.fr/lamarge/2011/03/31/musulman-et-homosexuels/#comments Thu, 31 Mar 2011 22:46:16 +0000 lamarge http://cfj65.pressebook.fr/lamarge/?p=279

Par Valentine Pasquesoone

Ils parlent d’une “double discrimination”. Samy, Nelson, Assia et Djamel sont membres de l’association HM2F, Homosexuels Musulmans de France. Gay, musulman: deux identités fièrement revendiquées mais encore difficiles à accepter. Et surtout, à faire accepter. Dans leurs environnements familiaux comme au sein de la communauté gay, peu, aujourd’hui, pensent l’islam et l’homosexualité comme pleinement compatibles. Face au rejet, ils voient désormais leur foi comme un cheminement personnel. Une relation unique “entre Dieu et moi”, quoiqu’en disent les autres. Rencontre.

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Salaries francais, mais pas citoyens… http://cfj65.pressebook.fr/lamarge/2011/03/22/salaries-francais-mais-pas-citoyens/ http://cfj65.pressebook.fr/lamarge/2011/03/22/salaries-francais-mais-pas-citoyens/#comments Tue, 22 Mar 2011 11:01:41 +0000 lamarge http://cfj65.pressebook.fr/lamarge/?p=366

Par Eric Kuoch

A La fin 2010, les travailleurs sans-papiers ont décidé d'occuper la Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration, à la Porte Dorée, à Paris. La France représentait une terre d'abondance pour eux. Maintenant, ils se battent pour se faire régulariser. Maciré Tandia fait partie de ces travailleurs anonymes à la marge de la République.

crédit : Cité de l'Histoire de l'Immigration/Eric Kuoch

Il avait 21 ans quand il a "débarqué Terminal D" à l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle. Rien que le nom du général avait un goût de France. Un goût qui lui a pourtant laissé un sentiment d'amertume.

Il est sorti de l'avion par l'avant. Un symbole. Il avait "un passeport et un visa d'entrée valides". Et pourtant. Le flot des passagers, revenus de vacances, s'est déversé vers la sortie du contrôle des douanes. Lui, le "campagnard ", venu de la région de Kaï, au Mali, sans les artifices des citadins de Bamako, s'est fait arrêter. "Asseyez-vous là monsieur, restez tranquille dans le coin", lui a lancé le douanier, impassible. Il a attendu une demi-heure. Puis on l'a emmené dans le local réservé à "ceux qui ne sont pas en règle". Pour finir, un policier a observé ses papiers avant de lâcher "Si tu veux y aller, c'est bon". Il était 2 heures du matin. C'est ainsi qu'il a découvert pour la première fois Paris.

>> Lire la Suite de l'article sur le site de l'Ecole de Journalisme de Sciences Po Paris >>

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Mobilisation contre la reforme de la psychiatrie http://cfj65.pressebook.fr/lamarge/2011/03/15/mobilisation-contre-la-reforme-de-la-psychiatrie/ http://cfj65.pressebook.fr/lamarge/2011/03/15/mobilisation-contre-la-reforme-de-la-psychiatrie/#comments Tue, 15 Mar 2011 23:58:46 +0000 lamarge http://cfj65.pressebook.fr/lamarge/?p=306

Par Baptiste Condominas

Suite à l'appel du collectif des 39, plusieurs centaines de personnes se sont mobilisées mardi 15 mars contre un projet de loi jugé sécuritaire et liberticide, à quelques heures de l'ouverture des débats au Parlement.

Rassemblement place Herriot, le 15 mars, crédit : La Marge

Devant l'Assemblée nationale, une foule colorée assiste à un étrange spectacle. Un médecin administre des injections avec une seringue géante, insensible aux plaintes de ses patients. Il hurle, gesticule, s'en prend à tout ce qui lui semble anormal. « Les médicaments, il n'y a que ça de vrai, après on fera des tests par ordinateur » clame-t-il, avant de lancer « L'accueil chaleureux, ce n'est pas scientifique ! ». Mais au-delà du rire, c'est l'inquiétude de voir une psychiatrie à visage humain disparaître.

Adopté en Conseil des ministres le 26 janvier le « projet de loi relatif aux droits et à la protection des personnes faisant l'objet de soins pyschiatriques et aux modalités de leur prise en charge » doit être débattu dés le 15 mars au Parlement. Hospitalisation et soins sans consentement, surveillance renforcée, fichage des patients...autant de mesures qui rendent cette « loi indigne d'une démocratie » selon Antoine Machto, psychologue et membre du collectif. Derrières ses lunettes et sa moustache, il est catégorique, « cette loi annonce la destruction du soin psychique ». « Le soin, c'est la relation humaine et thérapeutique. C'est le soin au quotidien sur la longue durée » poursuit le jeune homme. « C'est un projet de déresponsabilisation, qui base tout sur les médicaments... ».

La pétition du collectif des 39 a déjà rassemblé 21 000 signatures, dont celles d'Edgar Morin et de Stéphane Hessel. Avec le soutien de certains politiques, comme la députée verte Anny Poursinoff ou les socialistes Catherine Lemorton et Marylise Lebranchu, le collectif des 39 entend « barrer la route à ce projet de loi, avec son retrait total, non discutable. » insiste Antoine Machto. L'initiative a été largement suivi dans le milieu, autant par les syndicats que par les associations.

C'est le cas des Temps Mêlés, qui organise régulièrement des ateliers artistiques avec des malades de l'Essonne. Encadré par deux musiciens aux allures de clown, Denis Reynaud, médiateur de l'association, considère que cette loi « s'en prend à une catégorie de personnes déjà souffrantes, elle les stigmatise et les marginalise. Elle associe la maladie mentale à la délinquance... ». « Il n'y a pas d'argent, mais ils ont débloqué un budget pour la sécurité, des caméras, des grillages. Rien pour les soins humains et les formations... » déplore-t-il. Un virage sécuritaire entamé en 2008, suite au meurtre d'un étudiant par un schizophrène à Grenoble. Le président avait alors promis un traitement sécuritaire des malades mentaux en relançant une réforme retirée en 2007.

Face à la politique du gouvernement, les banderoles répliquent : « Non à la Sarkopsy », « Un pour tous, tous contraints » ou « liberté je t'aime à la FOLIE ». Autour d'un bureau de consultation improvisé, les intervenants et des petits spectacles se succèdent. Médecins, spécialistes, patients et parents témoignent. On joue une scène de Monsieur de Pourceaugnac dans des déguisements sommaires. Au milieu de la foule, un sac de grain abandonné trône sur une chaise de jardin. On peut y lire « grains de folie ». Probablement pour en semer quelques uns dans l'Assemblée nationale.

Le "bureau des consultations" du collectif des 39, crédit : la Marge

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David, SDF : « Je meurs si je ne suis pas rase de pres » http://cfj65.pressebook.fr/lamarge/2011/03/13/david-sdf-je-meurs-si-je-ne-suis-pas-rase-de-pres/ http://cfj65.pressebook.fr/lamarge/2011/03/13/david-sdf-je-meurs-si-je-ne-suis-pas-rase-de-pres/#comments Sun, 13 Mar 2011 11:46:24 +0000 lamarge http://cfj65.pressebook.fr/lamarge/?p=283

Par Judith Duportail

Depuis dix ans. 133 000 personnes se demandent tous les jours comment manger, où dormir, comment se laver. Etre digne, quand on a ni travail ni logement. Quand la vie se résume à trois lettres : SDF. David est l’un d’entre eux. Nous l’avons suivi dans son combat pour ne pas sombrer.

crédit : Flickr/CC/Ludo29880

David change de chaussettes deux fois par jour. «Je marche toute la journée, je ne veux pas puer des pieds», explique-t-il en posant sur un radiateur la première paire de la journée qu’il a lavée à la main. Il s’assoit sur une chaise à proximité sans quitter ni son chapeau ni son manteau. «Je me lave tous les jours, je meurs si je suis pas rasé de près. Ma hantise, c’est d’être sale». Alors il se débrouille, entre les douches, les lavabos et les machines à laver des centres d’accueil, comme ici, à La maison dans la rue dans le 12ème arrondissement de la capitale. «Je m’achète dès que je peux du gel douche antibactérien en pharmacie, poursuit David, ça coûte 10 euros, tant pis si je ne fume pas pendant plusieurs jours. Je ne veux pas attraper des puces, vous imaginez, des puces...comme un chien.»

David parvient à faire illusion : rien ne laisse paraître son extrême pauvreté, jusqu’à ses ongles soigneusement coupés. A part, peut-être, son lourd sac en bandoulière qu’il emmène partout avec lui. «Je n’aurais jamais cru devenir comme ça, avant», confie David.

Avant, il vendait du prêt-à-porter féminin sur les marchés. Pendant 30 ans, il mène sa vie entre sa femme, sa maison et sa fille. La dégringolade commence quand il perd son permis de conduire, pour ivresse au volant. «Sans permis, je ne pouvais plus travailler. Et ma femme s’est barrée. On était en vacances aux Saisies dans les Alpes, elle m’a dit qu’elle partait avec ma fille». Après avoir passé une semaine chez un ami, chez un autre, puis dépensé toutes ses économies à l’hôtel, ce tunisien d’origine, d’une quarantaine d’années, s’est retrouvé à la rue en juillet.

«Je ne veux pas finir saoul et dégueulasse»

La première nuit, David ne savait pas «comment faire». Alors il est allé dans le métro, comme les clochards qu’il avait vus dans un documentaire «sur Canal» (Dans la peau d’un sdf diffusé en 2006 sur Canal +, ndlr). Quand il parle des sans-abri, David ne dit pas «nous» mais «ils», dernier rempart entre lui et le monde de la rue. «Je ne sais pas comment ils font, je ne sais pas comment ils font», répète-t-il tout au long de nos conversations. «Je ne veux pas finir comme ça, saoul et dégueulasse, par terre, dans la rue ou dans le métro.» Pour garder la tête hors de l’eau, David raconte qu’il s’accroche à des petites choses. «Je ne fraude plus jamais dans les transports, alors que ça m’arrivait de le faire quand je n’avais plus de tickets. Je préfère traverser Paris à pied plutôt que de me faire arrêter par les contrôleurs, c’est la honte, j’ai déjà assez honte.»

David passe quasiment toutes ses nuits à «Midnight express», un centre d'hébergement à Porte de Clignancourt à Paris. Il l’a renommé «Midnight express», parce que là-bas, tout s’achète et tout se vend. Une cigarette, 50 centimes, une savonnette, 1 euro. Mais parfois, le centre affiche complet. Pendant la vague de froid du mois de décembre, David a passé une nuit complète dehors.

«J’ai mon banc où je vais souvent l’après-midi, à côté de l’hôpital Rothschild», raconte David. «J’ai passé la nuit là, sans fermer l’oeil. Je n’ai pas pu m’emmitoufler dans des cartons, comme font les autres, je n’y arrive pas, je n’ose pas. J’avais peur que ma fille passe et qu’elle me voie, qu’elle se dise ‘c’est mon papa’.» Car David cache la vérité à son ex-femme et sa fille de 12 ans qui vit avec elle.

Quand son téléphone sonne et que «Amour», où son ex-femme est toujours répertoriée, apparaît sur l’écran, David se transforme. Il respire profondément, bombe le torse, et répond d’un ton enjoué : «Merci de m’appeler ! Je vais très bien et toi ?» Qui le croise dans la rue à cet instant ne pourrait pas imaginer qu’il fait semblant. «T’as entendu parler de la Loppsi ? Ah comme je regrette les années Mitterrand ! Bon et le boulot, ça marche bien ?»

«Si je tiens, c’est pour ma fille»

Le plus dur, c’était Noël, raconte le père de famille. «Tous les ans, avant, j’achetais un sapin à ma fille et on le décorait ensemble. Je lui achetais la meilleure variété, pour pas qu’il perde ses épines ! Cette année, j’ai pas pu, elle m’a demandé au téléphone pourquoi on fait pas notre sapin, pourquoi papa...» David s'interrompt, laisse un silence, essuie les larmes qui lui coulent sur les joues. «Il faut que je m’en sorte», lâche-t-il.«Si je tiens, c’est pour elle, c’est pour elle que je ne bois plus sinon je ferais comme tout le monde, je me saoulerais pour trouver un peu de réconfort.»

Se nourrir n’est pas le plus difficile, raconte David. «Pour manger, je me débrouille. J’ai grossi, vous imaginez, grossir en étant SDF ! Alors je me force à moins aller au Restos du coeur. Je suis musulman, mais je ne dis jamais non à de la bonne charcuterie ! Depuis que je suis à la rue je me venge sur le saucisson.»

«Je pense tous les jours à l’après»

Lors de notre dernière rencontre, David est comme ragaillardi. Il enchaîne ses phrases sans laisser de silence, rit plus fort, ses yeux se perdent moins dans le vague. Il a décroché du travail. Inscrit au Pôle emploi dont il «n’attend rien», David démarche les agences d’intérim. «J’ai des missions d’agent d’accueil. Si je trouve un centre où je peux dormir le jour, je pourrais travailler la nuit et avoir un plein temps. Donc un salaire, et à terme un logement.» David ne veut pas s’emballer trop vite, mais ne peut pas s’empêcher de rêver : «Je pense tous les jours à l’après. Je pense à la maison que je m’achèterai plus tard. J’imagine comment je la décorerai, ma fille aura une grande chambre avec des belles plantes vertes, j’en prendrai soin. Je n’irai même pas chez Ikea, mais chez Habitat, ça sera beau. Je n’oublierai jamais mes nuits dehors. Une bonne soirée au restaurant, on l’oublie, mais une nuit dehors, seul, jamais.»

*le prénom a été modifié

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Grece : 286 sans-papiers en greve, jusqu’a la fin http://cfj65.pressebook.fr/lamarge/2011/03/03/grece-286-sans-papiers-grevistes-jusqua-la-fin/ http://cfj65.pressebook.fr/lamarge/2011/03/03/grece-286-sans-papiers-grevistes-jusqua-la-fin/#comments Thu, 03 Mar 2011 23:11:46 +0000 lamarge http://cfj65.pressebook.fr/lamarge/?p=260

par Juliette Droz

Credit : Thanassis Stavrakis

Ils ont cessé de s’alimenter depuis un mois. De l’eau, du sucre, du sel : c’est tout ce qu’ingèrent les 286 immigrés sans-papiers entrés en résistance à Athènes et Thessalonique (nord) il y a 39 jours. Hier, une cinquantaine d’entre eux avaient du être hospitalisés – aujourd’hui, ils sont 98 sur le brancard. Déterminés, ils ont menacé d’aller « jusqu’au bout » si les autorités n’ouvrent pas le dialogue.

Empêtré dans une situation qui pourrait dégénérer, le gouvernement grec cherche une issue. Il a proposé hier un nouveau compromis aux sans-papiers : en échange d’un arrêt de la grève de la faim, il se dit prêt à accorder aux protestataires six mois de séjour sur le territoire grec, dans l’attente d’un réexamen de leur dossier. La semaine dernière, les grévistes avaient rejeté un compromis similaire, réclamant une régularisation immédiate et sans conditions.

Originaires du Maghreb pour la plupart, nombreux sont les grévistes qui ont perdu leurs papiers en perdant leur travail. Car en Grèce, n’a droit à un titre de séjour que celui qui paie des cotisations sociales. D’autres sont victimes des ratés de la dernière régularisation de 2005, ou sont arrivés après cette procédure. Au total, entre 350.000 et 480.000 personnes seraient en situation irrégulière sur le territoire grec.

lire l'article du FigaroGrèce : grève de la faim de sans-papiers

lire l'article du Nouvel ObsGrèce : hospitalisation de migrants en grève de la faim

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Russie : un maire suggere de tuer les SDF http://cfj65.pressebook.fr/lamarge/2011/03/01/russie-un-maire-suggere-de-tuer-les-sdf/ http://cfj65.pressebook.fr/lamarge/2011/03/01/russie-un-maire-suggere-de-tuer-les-sdf/#comments Tue, 01 Mar 2011 17:00:33 +0000 lamarge http://cfj65.pressebook.fr/lamarge/?p=246

Crédit : Flickr/CC/EricRudolph

Pour faire face au problème croissant des sans-abri, le maire de Tchita, en Sibérie orientale, s'est proposé de les fusiller. Dans cette ville de 300 000 habitants, l'unique centre d'hébergement est limité à 120 places. Alors que les SDF représentent 10% de la population de la ville. La mesure extrême suggérée par le maire Anatoli Mikhalev, par ailleurs membre du parti Russie unie, a fait un tollé vendredi 25 février.

Face aux députés locaux, il a regretté ne pas avoir « de licence pour tirer sur les sans-abri » ni « de moyens légaux pour en venir à bout », rapporte l'AFP. Une « blague » a-t-il assuré après coup. Mais une blague qui soulève une question sensible en Russie. D'après le ministère de l'Intérieur, les SDF seraient entre 150 000 et 300 000. Des chiffres trop bas selon certains experts, qui estiment leur nombre entre 1,5 et 4,2 millions, sur une population totale de 141,2 millions d'habitants.

Lire l'article du Figaro → Un maire russe voudrait tirer sur les SDF

Lire l'article du Nouvel Observateur → En Russie, un maire voudrait fusiller les sans-abri

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