La Marge Raconter la vie des autres, de ceux mis a l'index. Parce que dans la marge, on ecrit toujours en rouge.

25avr/110

Ils squattent un ancien centre aere et revent d’autogestion

par Juliette Droz (envoyée spéciale en Dordogne)

Depuis un mois un collectif occupe un centre de loisirs inoccupé depuis 2005. Le tribunal de Périgueux vient de confirmer leur expulsion, mais les squatteurs tiennent bon.

Photo Jean-Christophe Sounalet (Sud-Ouest).

«Nous, collectif informel du village Kon'kret, avons occupé l'ancien centre aéré de La Daudie, propriété de la mairie de Périgueux, depuis le 25 mars.» Refusant de décliner leur identité, deux individus ont remis un communiqué à la presse locale vendredi 16 avril en fin d'après-midi. La veille, ils comparaissaient devant le tribunal de grande instance, pour répondre d'une procédure d'expulsion lancée par la mairie. Le jugement a confirmé l'expulsion, mais les squatteurs s'accrochent.

Pour eux, pas question de quitter les locaux de l'ancien centre de loisirs. "Nous voulons créer un squat politique marquant un certain refus de la société. Nous sommes tous en situation précaire et avons envie de construire quelque chose", ont-ils déclaré. Discrets, ils ont refusé de dire combien de personnes occupent actuellement les locaux de l'ancien centre de loisirs.  Ce n'est pas la première fois que la Daudie est occupée de manière ponctuelle, mais cette initiative est la première qui se veut politique, et résiste sur la durée.

Sur le domaine de 23 hectares inoccupé depuis 2005, le collectif rêve d'un village autogéré. D'une  maison dans la prairie où ils vivraient éloignés du monde. Tout ce qu'ils veulent, c'est cultiver des patates et qu'on leur fiche la paix. "La liberté ne se mendie pas, elle se prend", avance un des membres du collectif. Si l'initiative prend racine, Village Kon'kret a des idées pour la Daudie : créer un lieu de rencontre pour les personnes itinérantes et pour ceux qui chercent un mode de vie alternatif.

Malgré l'acharnement du collectif, ces projets pourraient bien être tués dans l'oeuf. Le site de la Daudie, situé sur les hauteurs de Saint-Laurent-sur-Manoire semble avoir trouvé preneur. A ce jour, la discrétion entoure le dossier, mais le projet envisagé est à vocation touristique. Maisons dans les arbres et sur pilotis, services de restauration, golf à  9 trous avec club-house...Adieu veau, vache, cochon, couvée. Après 5 années de mise en jachère du site, la mairie est partie pour faire une pierre deux coups. Déloger les indésirables et rendre la région attractive. Mais pour l'heure, la petite maison dans la prairie est toujours là et ses habitants se cramponnent aux portes.

13avr/110

Un phoque pas comme les autres

Par Eric Kuoch

crédit : Flikr/CC/OT

Même chez les animaux, il y a des marginaux. Un phoque a été aperçu près de la ville de Bergerac en Dordogne. Il est plus habituel de voir des phoques dans l'océan Atlantique ou sur les îles de la Manche. Mais notre ami, mammifère marin, a des envies de liberté. Un petit "Ocean trip" en solo.

En réalité, ce n'est pas le goût de l'aventure qui est à l'origine de cette petite escapade. Selon les experts, qui ont cru à un canular au début, ce serait plus l'appel du ventre qui a poussé ce phoque a parcourir des centaines de kilomètres à la nage. Il aurait suivi un banc d'aloses pour satisfaire sa gourmandise. Les phoques raffolent de ces petits poissons. Rares et protégés, l'alose est un luxe que notre voyageur a voulu s'offrir. Prêt à tout, l'animal d'1m80 s'est senti pousser des nageoires et s'est retrouvé à près de 200km de la mer.

Pourtant, il n'est pas le précurseur d'une nouvelle mode chez les phoques. En 2006 déjà, un autre de ses compatriotes s'était déjà aventuré dans le même coin. Sa présence n'a pas l'air de surprendre les scientifiques. "La dégradation des eaux des rivières a rendu le phénomène rare, mais il était courant de voir des phoques et même des dauphins remonter certaines rivières à la recherche de nourriture", analyse Willy Dabin, du Centre de recherche sur les mammifères marins (CRMM) de La Rochelle.

En quelques jours, le phoque aventurier est devenu une véritable star. Des touristes sont postés tous les jours au bord du fleuve pour apercevoir l'espace d'un instant ce voyageur pas comme les autres. Mais celui qui a voulu vivre son "Into the river" est timide et ne pointe pas souvent le bout de son museau. Un caprice de star.