La Marge Raconter la vie des autres, de ceux mis a l'index. Parce que dans la marge, on ecrit toujours en rouge.

3mar/110

Grece : 286 sans-papiers en greve, jusqu’a la fin

par Juliette Droz

Credit : Thanassis Stavrakis

Ils ont cessé de s’alimenter depuis un mois. De l’eau, du sucre, du sel : c’est tout ce qu’ingèrent les 286 immigrés sans-papiers entrés en résistance à Athènes et Thessalonique (nord) il y a 39 jours. Hier, une cinquantaine d’entre eux avaient du être hospitalisés – aujourd’hui, ils sont 98 sur le brancard. Déterminés, ils ont menacé d’aller « jusqu’au bout » si les autorités n’ouvrent pas le dialogue.

Empêtré dans une situation qui pourrait dégénérer, le gouvernement grec cherche une issue. Il a proposé hier un nouveau compromis aux sans-papiers : en échange d’un arrêt de la grève de la faim, il se dit prêt à accorder aux protestataires six mois de séjour sur le territoire grec, dans l’attente d’un réexamen de leur dossier. La semaine dernière, les grévistes avaient rejeté un compromis similaire, réclamant une régularisation immédiate et sans conditions.

Originaires du Maghreb pour la plupart, nombreux sont les grévistes qui ont perdu leurs papiers en perdant leur travail. Car en Grèce, n’a droit à un titre de séjour que celui qui paie des cotisations sociales. D’autres sont victimes des ratés de la dernière régularisation de 2005, ou sont arrivés après cette procédure. Au total, entre 350.000 et 480.000 personnes seraient en situation irrégulière sur le territoire grec.

lire l'article du FigaroGrèce : grève de la faim de sans-papiers

lire l'article du Nouvel ObsGrèce : hospitalisation de migrants en grève de la faim

1mar/110

Encore 24 heures sans eux

Par Eric Kuoch

24 heures sans nous, une journée sans immigrésDes centaines d'immigrés n'iront pas au travail le 1er mars. Ils participent à la journée " 24 heures sans nous, une journée sans immigrés ". L'objectif est de montrer l'apport économique des immigrés dans l'économie française. Pour cela, le collectif appelle à une journée entière sans travail, "Durant 24 heures, participons à la non-activité économique dans les entreprises, dans les associations, dans la fonction publique, dans les écoles et les lycées, dans les universités, dans les hôpitaux, dans les associations, dans les commerces, dans l’industrie, dans le bâtiment, dans l’agriculture, dans les services, dans les médias, dans la politique ", est-il inscrit sur leur site internet.

La première édition avait eu lieu en 2010 à la même date et avait mobilisé quelques centaines de personnes dans toute la France. Le collectif veut, à travers une telle manifestation, exprimer son opposition à une politique gouvernementale qu'il estime stigmatisant à l'égard des populations immigrées. "Ensemble, nous décidons de ne pas participer à la vie de la Cité. Par cette absence, nous voulons marquer la nécessité de notre présence", explique-t-il dans son manifeste.

L'idée a d'abord germé en 2009, lors de la sortie du ministre de l'Identité Nationale et de l'immigration d'alors, Brice Hortefeux. A la manœuvre, trois trentenaires issus de l'immigration, Peggy Derder, Nadir Dendoune et Nadia Lamarkbi. Un professeur et deux journalistes qui veulent se dresser contre un climat qu'ils jugent délétère. Pour mobiliser, ils décident de lancer une page Facebook. Résultat, 3200 "like" pour la mobilisation du 1er mars en 2010 et 3700 en 2011.

Pour se reconnaître, ils avaient besoin d'un signe distinctif. Tous les participants portent donc un ruban jaune. A Paris le rendez-vous a été donné place de la Bourse à midi. "une flash mob" sous forme de symbole avec le déploiement d'une banderole pour marquer l'évènement.

28fév/110

Les sans-papiers de Vincennes en greve de la faim

Par Eric Kuoch

crédit : Flickr/CC/Neno°

Les sans-papiers du CR1, un des trois centres de rétentions du Bois de Vincennes, se sont mis en grève de la faim depuis le 24 février selon l'AFP. Cette action fait suite à un supposé acte de violence de la part d'un surveillant sur un des retenus selon l'Assfam (l'Association service social familial migrants).

La préfecture de Police a quant à elle démenti toute violence des surveillants à l'égard d'un des pensionnaires du centre de rétention en question. Sa version des faits, "un retenu a allégué avoir fait l'objet de violences de la part d'autres retenus et il a été changé d'unité afin d'assurer sa protection", a rapporté un porte-parole de la préfecture. Une action devenue une quasi habitude  selon les autorités de Police. Elles ont d'ailleurs qualifié l'évènement de "rien d'exceptionnel".

Les sans-papiers de Vincennes dénoncent des conditions de rétention difficiles. "Ils ne supportent plus leur situation et il suffit d'une étincelle", estime Solange Odiot, porte-parole de l'association Sôs-Soutien ô sans-papiers. Elle soutient la version des grévistes de la faim selon laquelle l'un d'entre eux aurait été "tabassé" par des agents de Police en charge du centre.

En 2008, la mort d'un sans-papiers d'origine tunisienne à l'intérieur du centre de rétention de Vincennes avait été à l'origine de la colère des 250 retenus de l'établissement. Une partie des locaux avait été incendiée. S'en était suivie une mobilisation de plusieurs jours. Un moment de fortes tensions entre Force de l'ordre et sans-papiers. L'évènement avait provoqué à l'époque une mobilisation de la part des associations d'aide aux immigrés et des partis politiques de gauche.

Le nombre d'immigrés en situation irrégulière en France se situe entre 200 000 et 400 000 en France selon le ministère de l'Intérieur et de l'Immigration. Les 23 centres de rétentions situés sur l'ensemble du territoire accueillent les personnes en attente d'une expulsion.

20fév/110

Man on the run

By Agnes Bun

Souhalito Timité - crédit : Agnès Bun

Souhalito Timité does not walk, he runs. Especially this morning, as he is late for his soccer practice. At the stadium, the game has not started yet. The other players are shivering. Timité only wears a light jacket, but he does not feel the cold. He lights a cigarette, kicks imaginary balls, and asks for the time, twice.

In soccer, Timité is a striker. But in life, he is a runner, who spent most of his existence running away. First from the Ivory Coast rebel army, who enlisted him as a child soldier. “My life was in danger,” he says. Then from the French police. Timité may be a political refugee, but according to the French law, he is an illegal immigrant.