La Marge Raconter la vie des autres, de ceux mis a l'index. Parce que dans la marge, on ecrit toujours en rouge.

2mai/110

Quand des mal-loges defient Bertrand Delanoe

par Juliette Droz 

Vendredi dernier, Le Centre de formation des journalistes accueillait Bertrand Delanoë pour répondre aux questions des étudiants. Invité-surprise, le collectif des Mal-Logés en Colère a tenté d'intercepter le maire de Paris.

Une cinquantaine de militants a tenté de pénétrer dans l'établissement. (Photo Jean-Charles Barès)

Un mégaphone dans une main, un gamin dans l’autre, une femme en boubou beige lance la première salve : « Police partout, logement nulle part. On veut Delanoë, libérez les mal-logés ». Autour d’elle, une cinquantaine de voix résonnent en écho. Les mains claquent en rythme. Dans le cortège, ni étendards ni banderoles, mais des poussettes et des enfants en bas-âge. 

Sur le perron du Centre de formation des journalistes, situé rue du Louvre, le collectif des Mal-Logés en Colère fait entendre sa voix. Ce midi, Bertrand Delanoë vient répondre aux questions des étudiants en journalisme. « Notre collectif n’a jamais été reçu ni écouté par le maire, depuis sept ans que nous en faisons la demande, précise le tract qui circule de main en main. Pour une rencontre avec son cabinet, il nous faut mener une dizaine de manifestations. »

13mar/112

David, SDF : « Je meurs si je ne suis pas rase de pres »

Par Judith Duportail

Depuis dix ans. 133 000 personnes se demandent tous les jours comment manger, où dormir, comment se laver. Etre digne, quand on a ni travail ni logement. Quand la vie se résume à trois lettres : SDF. David est l’un d’entre eux. Nous l’avons suivi dans son combat pour ne pas sombrer.

crédit : Flickr/CC/Ludo29880

David change de chaussettes deux fois par jour. «Je marche toute la journée, je ne veux pas puer des pieds», explique-t-il en posant sur un radiateur la première paire de la journée qu’il a lavée à la main. Il s’assoit sur une chaise à proximité sans quitter ni son chapeau ni son manteau. «Je me lave tous les jours, je meurs si je suis pas rasé de près. Ma hantise, c’est d’être sale». Alors il se débrouille, entre les douches, les lavabos et les machines à laver des centres d’accueil, comme ici, à La maison dans la rue dans le 12ème arrondissement de la capitale. «Je m’achète dès que je peux du gel douche antibactérien en pharmacie, poursuit David, ça coûte 10 euros, tant pis si je ne fume pas pendant plusieurs jours. Je ne veux pas attraper des puces, vous imaginez, des puces...comme un chien.»