La Marge Raconter la vie des autres, de ceux mis a l'index. Parce que dans la marge, on ecrit toujours en rouge.

22mar/110

Salaries francais, mais pas citoyens…

Par Eric Kuoch

A La fin 2010, les travailleurs sans-papiers ont décidé d'occuper la Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration, à la Porte Dorée, à Paris. La France représentait une terre d'abondance pour eux. Maintenant, ils se battent pour se faire régulariser. Maciré Tandia fait partie de ces travailleurs anonymes à la marge de la République.

crédit : Cité de l'Histoire de l'Immigration/Eric Kuoch

Il avait 21 ans quand il a "débarqué Terminal D" à l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle. Rien que le nom du général avait un goût de France. Un goût qui lui a pourtant laissé un sentiment d'amertume.

Il est sorti de l'avion par l'avant. Un symbole. Il avait "un passeport et un visa d'entrée valides". Et pourtant. Le flot des passagers, revenus de vacances, s'est déversé vers la sortie du contrôle des douanes. Lui, le "campagnard ", venu de la région de Kaï, au Mali, sans les artifices des citadins de Bamako, s'est fait arrêter. "Asseyez-vous là monsieur, restez tranquille dans le coin", lui a lancé le douanier, impassible. Il a attendu une demi-heure. Puis on l'a emmené dans le local réservé à "ceux qui ne sont pas en règle". Pour finir, un policier a observé ses papiers avant de lâcher "Si tu veux y aller, c'est bon". Il était 2 heures du matin. C'est ainsi qu'il a découvert pour la première fois Paris.

>> Lire la Suite de l'article sur le site de l'Ecole de Journalisme de Sciences Po Paris >>

3mar/110

Grece : 286 sans-papiers en greve, jusqu’a la fin

par Juliette Droz

Credit : Thanassis Stavrakis

Ils ont cessé de s’alimenter depuis un mois. De l’eau, du sucre, du sel : c’est tout ce qu’ingèrent les 286 immigrés sans-papiers entrés en résistance à Athènes et Thessalonique (nord) il y a 39 jours. Hier, une cinquantaine d’entre eux avaient du être hospitalisés – aujourd’hui, ils sont 98 sur le brancard. Déterminés, ils ont menacé d’aller « jusqu’au bout » si les autorités n’ouvrent pas le dialogue.

Empêtré dans une situation qui pourrait dégénérer, le gouvernement grec cherche une issue. Il a proposé hier un nouveau compromis aux sans-papiers : en échange d’un arrêt de la grève de la faim, il se dit prêt à accorder aux protestataires six mois de séjour sur le territoire grec, dans l’attente d’un réexamen de leur dossier. La semaine dernière, les grévistes avaient rejeté un compromis similaire, réclamant une régularisation immédiate et sans conditions.

Originaires du Maghreb pour la plupart, nombreux sont les grévistes qui ont perdu leurs papiers en perdant leur travail. Car en Grèce, n’a droit à un titre de séjour que celui qui paie des cotisations sociales. D’autres sont victimes des ratés de la dernière régularisation de 2005, ou sont arrivés après cette procédure. Au total, entre 350.000 et 480.000 personnes seraient en situation irrégulière sur le territoire grec.

lire l'article du FigaroGrèce : grève de la faim de sans-papiers

lire l'article du Nouvel ObsGrèce : hospitalisation de migrants en grève de la faim

28fév/110

Les sans-papiers de Vincennes en greve de la faim

Par Eric Kuoch

crédit : Flickr/CC/Neno°

Les sans-papiers du CR1, un des trois centres de rétentions du Bois de Vincennes, se sont mis en grève de la faim depuis le 24 février selon l'AFP. Cette action fait suite à un supposé acte de violence de la part d'un surveillant sur un des retenus selon l'Assfam (l'Association service social familial migrants).

La préfecture de Police a quant à elle démenti toute violence des surveillants à l'égard d'un des pensionnaires du centre de rétention en question. Sa version des faits, "un retenu a allégué avoir fait l'objet de violences de la part d'autres retenus et il a été changé d'unité afin d'assurer sa protection", a rapporté un porte-parole de la préfecture. Une action devenue une quasi habitude  selon les autorités de Police. Elles ont d'ailleurs qualifié l'évènement de "rien d'exceptionnel".

Les sans-papiers de Vincennes dénoncent des conditions de rétention difficiles. "Ils ne supportent plus leur situation et il suffit d'une étincelle", estime Solange Odiot, porte-parole de l'association Sôs-Soutien ô sans-papiers. Elle soutient la version des grévistes de la faim selon laquelle l'un d'entre eux aurait été "tabassé" par des agents de Police en charge du centre.

En 2008, la mort d'un sans-papiers d'origine tunisienne à l'intérieur du centre de rétention de Vincennes avait été à l'origine de la colère des 250 retenus de l'établissement. Une partie des locaux avait été incendiée. S'en était suivie une mobilisation de plusieurs jours. Un moment de fortes tensions entre Force de l'ordre et sans-papiers. L'évènement avait provoqué à l'époque une mobilisation de la part des associations d'aide aux immigrés et des partis politiques de gauche.

Le nombre d'immigrés en situation irrégulière en France se situe entre 200 000 et 400 000 en France selon le ministère de l'Intérieur et de l'Immigration. Les 23 centres de rétentions situés sur l'ensemble du territoire accueillent les personnes en attente d'une expulsion.

23fév/110

Un nouveau Mur des Expulses pres de Pau

Les artistes du Studio Tricolore travaillent sur le "Mur des Expulsés" - crédit : Communauté Emmaüs Lescar-Pau

Une nouvelle version du « mur des expulsés » a été inauguré le 19 février. Logé sur un parking de Lescar, un wagon coloré offre un spectacle inattendu aux automobilistes de l'A64. Parrainé par la communauté Emmaüs Lescar-Pau, cette peinture murale du Studio Tricolore est dédiée à la mémoire des sans-papiers reconduits à la frontière. Cette fresque, couvert de messages de solidarité, est la seconde du genre. La première, peinte sur un bâtiment public à Billière, a été effacée en novembre dernier suite à une décision de justice. Le préfet avait alors jugé que le maire était sorti de son « devoir de neutralité » en faisant réaliser cette oeuvre.

-> Lire l'article du Parisien, Sans-papiers: le "mur des expulsés" reconstitué par Emmaüs, près de Pau

-> Lire l'article de Sud-Ouest, La fresque des expulsés renaît

20fév/110

Man on the run

By Agnes Bun

Souhalito Timité - crédit : Agnès Bun

Souhalito Timité does not walk, he runs. Especially this morning, as he is late for his soccer practice. At the stadium, the game has not started yet. The other players are shivering. Timité only wears a light jacket, but he does not feel the cold. He lights a cigarette, kicks imaginary balls, and asks for the time, twice.

In soccer, Timité is a striker. But in life, he is a runner, who spent most of his existence running away. First from the Ivory Coast rebel army, who enlisted him as a child soldier. “My life was in danger,” he says. Then from the French police. Timité may be a political refugee, but according to the French law, he is an illegal immigrant.

14fév/110

Et hop, c’est parti

Ca y est, vous avez franchi la ligne. Bienvenue dans la Marge.