La Marge Raconter la vie des autres, de ceux mis a l'index. Parce que dans la marge, on ecrit toujours en rouge.

13mar/112

David, SDF : « Je meurs si je ne suis pas rase de pres »

Par Judith Duportail

Depuis dix ans. 133 000 personnes se demandent tous les jours comment manger, où dormir, comment se laver. Etre digne, quand on a ni travail ni logement. Quand la vie se résume à trois lettres : SDF. David est l’un d’entre eux. Nous l’avons suivi dans son combat pour ne pas sombrer.

crédit : Flickr/CC/Ludo29880

David change de chaussettes deux fois par jour. «Je marche toute la journée, je ne veux pas puer des pieds», explique-t-il en posant sur un radiateur la première paire de la journée qu’il a lavée à la main. Il s’assoit sur une chaise à proximité sans quitter ni son chapeau ni son manteau. «Je me lave tous les jours, je meurs si je suis pas rasé de près. Ma hantise, c’est d’être sale». Alors il se débrouille, entre les douches, les lavabos et les machines à laver des centres d’accueil, comme ici, à La maison dans la rue dans le 12ème arrondissement de la capitale. «Je m’achète dès que je peux du gel douche antibactérien en pharmacie, poursuit David, ça coûte 10 euros, tant pis si je ne fume pas pendant plusieurs jours. Je ne veux pas attraper des puces, vous imaginez, des puces...comme un chien.»

14fév/110

Elsa, femme de taulard

par Eric Kuoch

Elsa (1) se bat pour un homme condamné à 15 ans de prison ferme pour viol et inceste. Entre rejet, solitude, et incompréhension, elle vit la prison de l'extérieur. Cette exclusion sociale, elle en a fait son cheval de bataille.

Prison de Seodaemun à Seoul Corée du Sud - crédit : Flickr/CC/Dar

Elle est assise sur le muret et personne ne pourra l’en déloger. Elle a raison et va le prouver. À la maison d’arrêt de Fresnes, personne n'a le droit de s’asseoir ou sauter par dessus « la murette » qui sépare détenus et visiteurs. Mais Elsa, 41 ans, n’est pas du genre à se laisser impressionner. Lorsque les matons lui ordonnent de descendre, elle brandit la copie d’une loi de 1983 qui interdit toute « séparation au parloir ». Elle l’avait glissée dans une de ses poches. « Vous n’avez pas honte ? Vous en prendre à une femme d’à peine 1,58m! » leur lance-t-elle, furieuse. Le directeur, prévenu de l’incident, intervient. Il lui donne raison. Victoire.