Par les temps hivernaux qui courent, non seulement la météo est capricieuse mais encore le rayonnement solaire est de courte durée. Il est de fait bien fréquent de se retrouver à moto sous la pluie à la nuit tombante, voire largement tombée. Une chose est à savoir, essentielle et à retenir pour toute personne désireuse de survivre dans la jungle parisienne: sous la pluie un motard ne voit rien! Du moins, il voit entre les gouttes qui se déposent insidieusement sur la visière de son casque et qu’il n’a de cesse de vouloir chasser dès lors que le trafic, perturbé par les intempéries, lui permet de lâcher son guidon et de passer un coup de gant trempé devant ses yeux. Ce geste délicat est, ô combien, vital car au bout d’un moment le nombre de gouttes est tel que ce sont les phares des autres véhicules qui se reflètent dedans et qui éblouissent le conducteur négligeant. Bref, il faut essuyer, même approximativement, il faut lâcher son guidon, il faut arrêter de regarder la route, il faut s’habituer ensuite à voir à travers une espèce grande traînée humide laissée par des gouttes étendues plutôt qu’essuyées.

A cet instant, toujours à cet instant critique d’essuyage de gouttes, débouche de derrière une voiture ou mieux d’une camionnette garée, un insolite piéton, un joggeur qui ne veut pas s’arrêter, une poussette projetée en avant, ou tout autre énergumène à pied systématiquement vêtu de noir (ou de couleur sombre non identifiée qui passe pour le motard aveuglé pour du noir quoiqu’il arrive) et qui force à des réflexes que la rage et le désespoir détrempé du motard ralentissent. Le freinage est dangereux: la chaussée est par définition glissante et la voiture qui succède colle toujours de trop près. L’évitement est de rigueur mais à droite les voitures garées laissent peu d’espace, à gauche la bande blanche et les automobilistes arrivant en sens inverse rendent la décision difficile.

Voyez un peu le dilemme! Écraser ou ne pas écraser, là est la question.

Le constat est un peu sombre. La majorité du temps, on s’en sort et le piéton inconsidéré aussi. Mais il faut se souvenir d’une chose, chers piétons: on ne vous voit pas! Quand bien même vous seriez légitimement engagés sur un passage réservé à votre royale personne, vous êtes en danger car vous êtes invisibles. La nuit tous les piétons sont des accidentés en sursis.

LPM.

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