Les casques à la main, c'est tout de même plus fashion ! (L.P.M)

Je n’ai pas eu le bonheur masochiste de conduire dans la jungle circulatoire de Delhi, je n’ai été qu’une banale piétonne aux yeux écarquillés et aux oreilles mises à rude épreuve.

Conduire à l’indienne c’est corner. On klaxonne tant qu’on peut : pour signaler sa présence, prévenir qu’on double, houspiller l’indésirable sur son chemin. Pas de files, pas de rétro-viseurs, pas de règles : on roule et c’est tout ce qui compte. Le seul enjeu : se faire entendre pour être vu.

Au milieu de ce bruit et de cette fureur routière, des motards bien singuliers. La législation indienne en matière de sécurité est bien permissive. Le conducteur se doit de porter un casque, le passager est libre de ne pas en mettre. Le conducteur de confession sikh échappe à contrainte puisque son turban ne lui permet pas d’enfiler quelconque heaume. Dès lors, beaucoup s’octroient le droit ne porter qu’une casquette, un vieux casque de l’armée, ou plus simplement leurs cheveux.

A l’arrière, les femmes siègent en amazone, tête-nue. Parfois avec les enfants. Il n’est pas rare de croiser la famille au grand complet sur la moto. Un enfant à l’avant, le papa conducteur derrière, le deuxième enfant, et maman en barrage. Quoi de plus commun. Rien d’incroyable là-dedans. Au bout d’un moment, même l’œil occidental sur-protégé, sur-informé, sur-terrorisé par les clips vidéos de la sécurité routière française s’y accoutume et n’y voit, à force, rien à redire.

D’autant qu’il n’y a pas tant d’accidents que cela. Je n’ai été témoin que d’un seul accrochage voiture-scooter. Une bousculade à vrai dire. Rien de grave.

En revanche, ce à quoi l’œil de la motarde parisienne ne s’habituera jamais c’est l’absence de femmes conductrices. Trois femmes en dix jours… à scooter. Aucune à moto. Les femmes demeurent les éternelles passagères de ces messieurs. Assises en amazone derrière leur pilote, ou parfois pour les plus jeunes d’entre elles, à califourchon, mais aucune aux commandes.

Les femmes ont encore du chemin à faire dans le monde universellement masculin de la moto. Quatre roues passent encore pour la féminité, deux c’est encore trop tôt. Le bastion routier de la virilité attaquée dans son hégémonie historique est encore solide. En Inde particulièrement parce que c’est assumé. En France c’est plus sournois parce que plus hypocrite.

LPM.

Tagged with:
 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>