Le soleil dans l’œil le matin, la doublure du blouson en moins, la fermeture éclair pas tout à fait remontée, le cou au vent, les ouvertures du casque béantes, le moteur qui chauffe au feu rouge, ça y est les beaux jours sont de retour dans la capitale !!

Dans certains départements on est contraint d’imposer des restrictions pour l’usage de l’eau. A Paris, la chaleur et le soleil ont d’autres conséquences: on ne peut plus remonter tranquillement entre les voitures.

L’hiver, il n’y a que les courageux, que les téméraires, que ceux qui n’ont pas froids aux mains et n’ont pas peur des engelures qui se risquent à la promenade frigorifiante.

Mais dès les premiers symptômes d’un retour potentiel de douceur, les planqués de l’hiver ressortent leurs engins en dormition et c’est toute une armada de scooters et de motos malhabiles, encore ensommeillés par leur longue hibernation qui forment devant moi une troisième file monstrueuse.

Et je l’ai vue, de mes yeux vue cette file angoissante. Entre le pont de Grenelle et le pont de Bir-Hakeim, sur les voies sur berges, elle m’est apparue telle une vision de l’apocalypse. Légèrement en devers à cet endroit, la route dégage une visibilité plus grande, on voit loin devant. Et là devant moi, un matin, j’ai vu la troisième file. A la queue leu leu, un innombrable flot de scooters et de motos mêlés, indistinctement, entre les voitures, tel un long serpent  dont on ne voit pas la tête. Oh le cauchemar ! Et un cauchemar qui se réitère chaque matin et qui chaque matin me fait pester contre cette masse difforme qui roule à peine plus vite que les automobilistes tant méprisés.

Et je râle contre mon prédécesseur qui avance comme un escargot, qui ne se range même pas sur le côté tellement il ne se rend même pas compte qu’il gêne, obstrue mon passage et celui de la dizaine d’autres que j’entends faire vrombir son moteur de rage derrière moi.

Il y a quelques jours d’ailleurs, j’en ai même réveillé un. Un scooter qui devant moi était à moitié sur la file des voitures à moitié sur la fameuse troisième file (oui c’est étrange comme concept mais c’est possible, on peut être si mal placé qu’on empiète sur les deux, allez lui demander comment !) et qui n’en s’en rendait, semble-t-il, pas compte.

J’observais l’étrange énergumène avec circonspection quand au bout d’un temps infini de 15 secondes (on perd patience très vite à moto), je me suis dit que j’en avais marre de me traîner derrière cette chose. Bref, comme je ne voulais tout de même pas lui rentrer dedans au cas où il se décide enfin à s’engager pour de bon au milieu et que je ne voulais pas non plus faire peur à tout mes voisins, j’ai opté pour un coup de gaz bruyant plutôt qu’un coup de klaxon peu délicat.

Que n’avais-je pas fait là ? J’ai vu le pauvre homme trembler comme s’il était réveillé en sursaut, se retourner brutalement à gauche et à droite, et se rabattre précipitamment sur la file de gauche.

Confuse mais satisfaite, je suis passée en lui faisant un petit signe amical.

Comme quoi, la douceur du printemps ça a du bon, mais on sent que la sortie de l’hibernation prend du temps…

LPM.

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3 Responses to La troisième file est arrivée !

  1. blumi dit :

    Enfaite tu râles tout le temps non ?? :)

    • La Parisienne à moto dit :

      Chère Blumi,

      C’est que j’ai énormément de sujets de râleries vois-tu ! Alors effectivement, je me plains plus que je ne me réjouis.
      Si tu avais le déplaisir quotidien de rouler au milieu d’une jungle et de manquer de te faire tuer trois fois par jour, tu te joindrais à moi pour râler un bon coup.
      Bref, je râle, je râle, c’est tout ce que je sais faire…
      Cela dit, j’adore râler, c’est mon plus grand plaisir, après celui de rouler… ;-)

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