La Parisienne à moto http://cfj65.pressebook.fr/laparisienneamoto Entre mauvaise humeur et coup de gueule, le quotidien d'une motarde à Paris Mon, 21 Nov 2011 22:09:59 +0000 en hourly 1 http://wordpress.org/?v=3.0.4 Jusqu’où pousser le zèle ? http://cfj65.pressebook.fr/laparisienneamoto/2011/11/21/jusquou-pousser-le-zele/ http://cfj65.pressebook.fr/laparisienneamoto/2011/11/21/jusquou-pousser-le-zele/#comments Mon, 21 Nov 2011 22:09:59 +0000 La Parisienne à moto http://cfj65.pressebook.fr/laparisienneamoto/?p=208 On a compris : il faut réduire la dette publique de la France, diminuer le déficit budgétaire colossal qui submerge notre vieil hexagone à bout de souffle, se serrer la ceinture comme certains aiment à dire avec cette belle image… Bref, oui tout le monde doit s’y mettre, on nous l’a assez répété pour qu’on en soit presque convaincu et même parfois (vraiment ?) volontaires à y participer.

Mais quand même, tous les prétextes sont-ils bons à remplir les caisses mal gérées de l’État ?

Qu’ai-je vu, scandalisée, outrée par tant de recherche avide de profit facile ? J’ai vu, une moto et deux scooters matraqués par des contraventions d’un genre nouveau : 17 € (ça c’est le nouveau tarif) pour « stationnement sur une place réservée à : cycles » !

Pourquoi s’outrager me direz-vous ? Ces garnements, ces malotrus, ne sont pas des cycles mais cyclomoteurs et de fait n’ont rien à faire à la place des braves, non-pollueurs et éthiques vélos. Des vélos qui n’ont que peu de places pour se garer et qui font toujours l’effort de se mettre où les places leur sont réservées… Une attitude louable qui est l’opposée des vilains et bruyants motards et autres scootéristes qui ne respectent rien pas même les piétons et se garent sans égard sur les trottoirs et maintenant, comble du comble, sur les aires pour vélos. Heureusement ces vilains, on peut les punir, parce qu’ils exagèrent tout de même. Les vélos, eux, on les comprend. Ou plus simplement, on laisse faire parce qu’on n’a pas le choix : pas de plaque, pas de contraventions. Alors qui se garent vraiment impunément ?

En somme, mon agacement vient de l’excès de zèle dont savent faire preuve certains (pas tous, Dieu soit loué s’il existe !) « agents verbalisateurs ». Car, sachez, lecteurs pleins de compassion, comme moi, pour les cyclomoteurs, que la Préfecture de police de Paris (le diable incarné en quelque sorte) a, dans sa grande mansuétude, demander aux-dits agents de faire preuve de tolérance à l’égard des deux-roues garés sur les trottoirs. Les trottoirs larges, sans bouche dégoûts, pas devant les vitrines, etc. Le B-A BA quoi. Une tolérance qui n’a rien d’une illumination de la Grâce mais tout simplement à la conscience d’un état de fait. Il n’y a pas suffisamment de parkings deux-roues à Paris pour loger tous les engins en circulation.

Alors quand je vois deux jours de suite (car la vilaine bête a réitéré) des prunes sur des deux-roues garés tant bien que mal entre deux poteaux dont l’espace est fait pour des vélos, donc trop étroit pour les contenir aisément, et que ce mal ils se le sont donnés non pas pour emmerder le cycliste mais bien pour éviter de se mettre sur le trottoir où la douloureuse est nettement plus sévère (35 €) ; et tout cela dans un parking situé au beau milieu d’un parking moto rempli à ras-bord et dont la délimitation n’est pas claire, permettez-moi, chers lecteurs, piétons, sympathisants motards ou motards d’en appeler à votre compréhension et à votre empathie et bon sens.

L’excès de zèle n’est-il pas délétère ?

Franchement, parfois, on se demande si ce genre d’amendes ce n’est pas l’argent facilement récolter sur le dos du contribuable. En fait on ne se demande pas.

Encore, si c’était pour construire des parkings… Mais là ?

Vous me direz que je fais des liens faciles et rapides, mais en même temps, depuis la crise, je n’ai jamais tant vu de contraventions ni tant de contrôles radars… Traitez-moi de parano.

L.P.M.

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La troisième file est arrivée ! http://cfj65.pressebook.fr/laparisienneamoto/2011/05/12/la-troisieme-file-est-arrivee/ http://cfj65.pressebook.fr/laparisienneamoto/2011/05/12/la-troisieme-file-est-arrivee/#comments Thu, 12 May 2011 21:01:32 +0000 La Parisienne à moto http://cfj65.pressebook.fr/laparisienneamoto/?p=151 Le soleil dans l’œil le matin, la doublure du blouson en moins, la fermeture éclair pas tout à fait remontée, le cou au vent, les ouvertures du casque béantes, le moteur qui chauffe au feu rouge, ça y est les beaux jours sont de retour dans la capitale !!

Dans certains départements on est contraint d’imposer des restrictions pour l’usage de l’eau. A Paris, la chaleur et le soleil ont d’autres conséquences: on ne peut plus remonter tranquillement entre les voitures.

L’hiver, il n’y a que les courageux, que les téméraires, que ceux qui n’ont pas froids aux mains et n’ont pas peur des engelures qui se risquent à la promenade frigorifiante.

Mais dès les premiers symptômes d’un retour potentiel de douceur, les planqués de l’hiver ressortent leurs engins en dormition et c’est toute une armada de scooters et de motos malhabiles, encore ensommeillés par leur longue hibernation qui forment devant moi une troisième file monstrueuse.

Et je l’ai vue, de mes yeux vue cette file angoissante. Entre le pont de Grenelle et le pont de Bir-Hakeim, sur les voies sur berges, elle m’est apparue telle une vision de l’apocalypse. Légèrement en devers à cet endroit, la route dégage une visibilité plus grande, on voit loin devant. Et là devant moi, un matin, j’ai vu la troisième file. A la queue leu leu, un innombrable flot de scooters et de motos mêlés, indistinctement, entre les voitures, tel un long serpent  dont on ne voit pas la tête. Oh le cauchemar ! Et un cauchemar qui se réitère chaque matin et qui chaque matin me fait pester contre cette masse difforme qui roule à peine plus vite que les automobilistes tant méprisés.

Et je râle contre mon prédécesseur qui avance comme un escargot, qui ne se range même pas sur le côté tellement il ne se rend même pas compte qu’il gêne, obstrue mon passage et celui de la dizaine d’autres que j’entends faire vrombir son moteur de rage derrière moi.

Il y a quelques jours d’ailleurs, j’en ai même réveillé un. Un scooter qui devant moi était à moitié sur la file des voitures à moitié sur la fameuse troisième file (oui c’est étrange comme concept mais c’est possible, on peut être si mal placé qu’on empiète sur les deux, allez lui demander comment !) et qui n’en s’en rendait, semble-t-il, pas compte.

J’observais l’étrange énergumène avec circonspection quand au bout d’un temps infini de 15 secondes (on perd patience très vite à moto), je me suis dit que j’en avais marre de me traîner derrière cette chose. Bref, comme je ne voulais tout de même pas lui rentrer dedans au cas où il se décide enfin à s’engager pour de bon au milieu et que je ne voulais pas non plus faire peur à tout mes voisins, j’ai opté pour un coup de gaz bruyant plutôt qu’un coup de klaxon peu délicat.

Que n’avais-je pas fait là ? J’ai vu le pauvre homme trembler comme s’il était réveillé en sursaut, se retourner brutalement à gauche et à droite, et se rabattre précipitamment sur la file de gauche.

Confuse mais satisfaite, je suis passée en lui faisant un petit signe amical.

Comme quoi, la douceur du printemps ça a du bon, mais on sent que la sortie de l’hibernation prend du temps…

LPM.

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Et un rétro, un ! http://cfj65.pressebook.fr/laparisienneamoto/2011/04/04/et-un-retro-un/ http://cfj65.pressebook.fr/laparisienneamoto/2011/04/04/et-un-retro-un/#comments Mon, 04 Apr 2011 13:04:23 +0000 La Parisienne à moto http://cfj65.pressebook.fr/laparisienneamoto/?p=87 Une matinée comme une autre, un parcours sans embûche, un trafic assez calme, aucune raison d’énervement particulière. Repérage du parking où ma moto devrait gentiment m’attendre jusqu’au soir, petit coup d’oeil dans le rétro, mise en marche du clignotant gauche, amorçage de la bifurcation vers le trottoir et là un motard qui me double à fond. Je peste intérieurement : « pouvait pas passer à droite ! » Je continue mon chemin, lent vers le trottoir quand j’entends derrière moi un : »ahahahaha ! » et boom ! Je sens un impact à l’arrière de ma moto. Quelques secondes plus tard, me voilà debout, la moto par terre, entre mes jambes.

Coup de sang. Ma moto toute neuve qui vient de terminer son rodage de jeune fille, qui sort à peine la veille au soir de sa première visite chez le docteur Yamaha qui l’a trouvée en pleine forme, ma moto toute jolie, gît par terre…

La colère me fait voir rouge. Je retire mon casque, tournant mes regards assassins vers le propriétaire du « ahahahah » qui a précédé le choc. Je lui lance, oubliant toute forme de politesse : « Mais ça ne va pas, non ? Qu’est-ce que tu fous, bordel ? » Je vois alors un petit jeune homme à côté de son vespa 50 cm3 me baragouiner des mots que je n’entends même pas. Je continue dans ma fureur : « ça va pas de doubler quelqu’un qui tourne à gauche !! »

Le petit bonhomme ne se démonte pas : « Mais vous n’avez pas mis votre clignotant ! » Là, prise d’un doute d’une demi-seconde, je regarde mon gisant, qui clignote encore. « Tu te fous de moi ! Regarde, elle clignote encore ! »

Voyant cela, le vespiste me rétorque : « Bah, euh.. oui mais tu l’as mis trop tard… »

Non mais là je ne tiens plus, il se fiche de moi. Je ne sais plus ce que je lui réponds mais je n’ai jamais tant crié sur un inconnu.

Deux agents de police chargés de mettre des PV aux inconvenants, arrivent. L’un d’eux me proposent ses services pour redresser ma triste moto. Je la remet d’aplomb. Comble d’énervement, le rétro-viseur droit a rendu l’âme dans la chute.

Le petit bonhomme en vespa s’approche, me demande si je n’ai rien. Non je n’ai rien, mais j’ai un rétro en moins et ça ça m’agace. Je lui demande si lui n’a rien, pour la forme. « Un peu mal au pied mais ça va ». Je n’ai qu’une seule envie; lui répondre que je me fous de son pied comme de l’an 40. Et le scooter ? « Oh ça je m’en fiche. Du moment qu’on n’a rien ni vous ni moi, c’est l’essentiel ».

Oui c’est sûr, il est mignon. Forcément, lui son scooter, il est tout vieux, tout pourri, il s’en fout d’avoir un rayure en dessous. Moi non.

Je ne réponds rien. Je prends sur moi, mon rétro dans la main.

« On fait quoi ? Un constat ? »

Sur le coup de l’émotion, de l’énervement, je fais l’erreur de dire non. Je me dis que pour un rétro, ça n’est pas forcément indispensable. Et puis, j’ai surtout envie qu’il s’en aille ce petit crétin.

Il me laisse son nom, son numéro : « Au cas où, s’il y a le moindre truc, vous m’appelez ». Je lui donne mes coordonnées en échange.

Quand j’enfourche ma moto un peu plus tard je me rends compte que mon guidon s’est tordu en tombant. Je m’énerve à nouveau. J’appelle mon bonhomme. Nous nous fixons rendez-vous pour un constat le soir. Il me dit qu’il viendra avec son papa. Mon petit bonhomme est plus jeune que croyais…

J’emmène ma mère avec moi. Je ne veux pas être seule contre deux. Finalement, ils sont trois. Un jeune barbu en survêtement et casquette les accompagne.

Après m’avoir expliqué pendant trois quart d’heure que j’étais en tort, que je n’avais pas mis mon clignotant, que je n’avais pas regardé dans mon rétro et que je lui avais coupé la route tout d’un coup alors que le pauvre garçon roulait sagement sur sa petite file, le scooteriste de mauvaise foi conclut en disant : « Chacun sa version, moi j’ai vécu les choses comme ça ». Il l’écrit sur le constat.

Mais c’est parfait mon grand ! Sans avoir manqué de lui faire remarquer que ça ne m’amusait que modérément de me déplacer pour rien et que si c’était pour raconter n’importe quoi, il n’était pas nécessaire de me fixer un rendez-vous mais qu’il eut été plus simple de me dire que c’était trop tard et que le constat aurait dû être fait sur le moment, ce qui est bien vrai (et il aurait eu raison de m’envoyer promener), je lui demande avant de partir : « Es-tu conscient, au moins, que sur un constat, qui est papier officiel en quelque sorte, tu as écrit un mensonge ? » Dans les yeux, il répond : « Oui ». Moi : »Tant mieux ! Bonne soirée !  »

Le lendemain, c’était son anniversaire. 19 ans. Une belle vie l’attend ce jeune homme.

Et pour moi, 70 euros de rétro, et un tube de guidon en commande.

LPM.

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Les Delhiites à moto – diaporama http://cfj65.pressebook.fr/laparisienneamoto/2011/04/04/les-delhiites-a-moto-diaporama/ http://cfj65.pressebook.fr/laparisienneamoto/2011/04/04/les-delhiites-a-moto-diaporama/#comments Mon, 04 Apr 2011 08:25:32 +0000 La Parisienne à moto http://cfj65.pressebook.fr/laparisienneamoto/?p=69

Monsieur, petit pull et chemise. Madame, sari en amazone derrière (L.P.M)

Mais où est donc votre casque, Mademoiselle ? (L.P.M)

Un papa et ses enfants (L.P.M)

Ah la Royal Enfield ! (L.P.M)

Pas de casque, mais un turban (L.P.M)

The legendary Indien motobyke : Royal Enfield (L.P.M)

Il n'y a pas qu'à Paris que les parkings deux-roues sont touchés par l'obésité (L.P.M)

LPM.

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La Parisienne à moto de retour de Delhi http://cfj65.pressebook.fr/laparisienneamoto/2011/03/23/la-parisienne-a-moto-de-retour-de-delhi/ http://cfj65.pressebook.fr/laparisienneamoto/2011/03/23/la-parisienne-a-moto-de-retour-de-delhi/#comments Wed, 23 Mar 2011 11:01:51 +0000 La Parisienne à moto http://cfj65.pressebook.fr/laparisienneamoto/?p=44

Les casques à la main, c'est tout de même plus fashion ! (L.P.M)

Je n’ai pas eu le bonheur masochiste de conduire dans la jungle circulatoire de Delhi, je n’ai été qu’une banale piétonne aux yeux écarquillés et aux oreilles mises à rude épreuve.

Conduire à l’indienne c’est corner. On klaxonne tant qu’on peut : pour signaler sa présence, prévenir qu’on double, houspiller l’indésirable sur son chemin. Pas de files, pas de rétro-viseurs, pas de règles : on roule et c’est tout ce qui compte. Le seul enjeu : se faire entendre pour être vu.

Au milieu de ce bruit et de cette fureur routière, des motards bien singuliers. La législation indienne en matière de sécurité est bien permissive. Le conducteur se doit de porter un casque, le passager est libre de ne pas en mettre. Le conducteur de confession sikh échappe à contrainte puisque son turban ne lui permet pas d’enfiler quelconque heaume. Dès lors, beaucoup s’octroient le droit ne porter qu’une casquette, un vieux casque de l’armée, ou plus simplement leurs cheveux.

A l’arrière, les femmes siègent en amazone, tête-nue. Parfois avec les enfants. Il n’est pas rare de croiser la famille au grand complet sur la moto. Un enfant à l’avant, le papa conducteur derrière, le deuxième enfant, et maman en barrage. Quoi de plus commun. Rien d’incroyable là-dedans. Au bout d’un moment, même l’œil occidental sur-protégé, sur-informé, sur-terrorisé par les clips vidéos de la sécurité routière française s’y accoutume et n’y voit, à force, rien à redire.

D’autant qu’il n’y a pas tant d’accidents que cela. Je n’ai été témoin que d’un seul accrochage voiture-scooter. Une bousculade à vrai dire. Rien de grave.

En revanche, ce à quoi l’œil de la motarde parisienne ne s’habituera jamais c’est l’absence de femmes conductrices. Trois femmes en dix jours… à scooter. Aucune à moto. Les femmes demeurent les éternelles passagères de ces messieurs. Assises en amazone derrière leur pilote, ou parfois pour les plus jeunes d’entre elles, à califourchon, mais aucune aux commandes.

Les femmes ont encore du chemin à faire dans le monde universellement masculin de la moto. Quatre roues passent encore pour la féminité, deux c’est encore trop tôt. Le bastion routier de la virilité attaquée dans son hégémonie historique est encore solide. En Inde particulièrement parce que c’est assumé. En France c’est plus sournois parce que plus hypocrite.

LPM.

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