Vade Retro, Créationnisme !

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Parler ou débattre d’écologie nécessite au minimum de s’exprimer dans le même langage, de partager un socle de sens commun. Les assauts croissants du créationnisme, jusque dans la communauté scientifique, remettent en cause ce socle. Comment parler de biodiversité ou du fragile équilibre de l’écosystème avec des gens qui considèrent que tout, dans la nature, est figé et immuable, ainsi que l’a voulu le « Créateur » ? En plus d’être une insulte à l’intelligence humaine, le créationnisme est un danger pour la science et l’avancée des connaissances. Aussi, avant de parler d’écologie faut-il se protéger clairement contre de telles aberrations et leurs défenseurs.

« Le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas », aurait prophétisé en son temps André Malraux. De nombreux hommes politiques et religieux aiment aujourd’hui à fleurir leurs discours de cette citation.

D’abord, André Malraux n’a en réalité jamais rien affirmé de tel. Ensuite, s’il s’avérait exact que nous assistons, dans notre époque aux multiples crises anxiogènes, à une recrudescence de la demande de spiritualité, ce ne serait toujours pas une raison pour accepter que les religions nous reviennent avec leurs vieux relents de stupidité arrogante et leur armada d’absurdités prosélytiques.

Ou pour faire dans le concret : ce n’est pas parce que des Chrétiens ont absolument le droit de croire au récit de la Bible si ça leur chante qu’il faut pour autant rester les bras croisés face à la progression des thèses du créationnisme.

Une enquête parue fin janvier dans Science et relayée par le blog de Sylvestre Huet, révèle que plus de la moitié des professeurs américains de biologie n’enseignent pas la théorie de l’évolution ou la présentent à égalité avec le créationnisme.

Le phénomène parait certes être bien moins virulent en dehors du territoire américain. Mais il n’est pas rare que des idées et évolutions outre-Atlantique préfigurent leur arrivée en Europe quelques années, voire décennies plus tard. D’inquiétantes incursions des thèses de ces fondamentalistes religieux sur le Vieux Continent se sont par ailleurs multipliées ces dernières années.

La théorie de l’évolution, présentée par Charles Darwin en 1859 dans son ouvrage, De l’origine des espèces, reste une théorie. Elle connait des variantes, subit des critiques et fait l’objet de débats qu’il ne s’agit pas de proscrire. Tant que ces débats restent dans le champs scientifique !

Un vaccin s’impose donc, en prévention d’une éventuelle contamination à grande échelle de notre société par les thèses dangereusement stupides de quelques fanatiques et autres illuminés de l’Eden.

Une mise au point efficace, drôle, accessible et pertinente existe déjà ici. Une piqure de rappel salvatrice pour ne pas finir comme ces pauvres biologistes américains.

Darwin bless America !

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