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Oui, je sais, je suis un peu en retard. Tellement que je vais vous parler d’un concert entendu il y a plus d’une semaine.

Désespéré par le concert hommage à Mitterrand que nous avaient offert Bergé et Pigasse, je suivais mon coloc’, pour découvrir la salle du Hangar. Une petite salle, pas loin du métro Mairie d’Ivry. Des concerts pas très chers (8-10 euros) et une programmation intéressante. Frustration d’entrée : la veille c’était Fred Wesley, divinité du funk, tromboniste de James Brown, Maceo Parker ou encore Georges Clinton. Encore une fois, je m’était réveillé un peu tard…

Mais ma frustration est déjà un peu dépassée de la première partie. Devant un public clairsemé, DJ Ordœuvre assure la première partie. Derrière ses platines, il mixe essentiellement du jazz. C’est pas mal, mais dans les premiers morceaux, certaines transitions me semblent un peu rythmiquement douteuses. Au fil du concert ça s’arrange et ça finit même par fonctionner vraiment très bien. Jusqu’à l’arrivée de la chanteuse. Elle est talentueuse, aucun doute. Et jolie aussi, aucun doute (enfin, musicalement, on s’en fiche un peu…). Mais là encore, je trouve que ça ne s’agence pas parfaitement avec ce que mixe Ordœuvre. Enfin, je fais la fine bouche ; il a au moins rempli son rôle : me mettre en appétit pour le plat de résistance. Les trois malades du Scratch Bandits Crew.

Leur entrée est soignée. La salle s’est remplie. La scène est plongée dans le noir. Trois silhouettes cyclopéennes se dessinent sur la scène. Capuche sur la tête, on ne voit d’eux que la lampe frontale qu’ils portent. Ainsi quand ils commencent à jouer, ne sont éclairées que leurs mains qui glissent sur les disques. Une mise en scène soignée qui m’embête un peu : je ne peux pas les savourer les yeux fermés comme j’aime le faire quand j’entends des choses aussi bonnes…

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Pourtant leur musique mérite qu’on l’écoute avec beaucoup d’attention. Certains les connaissent pour leur participation au dernier disque de Chinese Man. Je n’ai jamais vu Chinese Man sur scène, mais je crois que je préfère Scratch Bandits Crew.  Dans le Hangar, tout le monde est emporté. Un son puissant et efficace. Mais qui soigne les détails. Partant souvent d’une base de hip-hop, ils balancent dessus des sons de jazz. Et envoient des mixes d’une grande richesse. En sortant de la salle je n’avais qu’un seul reproche : le « leader » est parfois un peu ridicule quand il veut hurler dans son micro ; il n’a pas la voix pour ça. Enfin, là aussi je fais le fine bouche. Pas sûr que Fred Wesley m’aurait autant emballé. Une certitude : je ne suis plus frustré.

Le trio n’a pas encore sorti de véritable disque. Mais un EP est déjà disponible, « En petites coupures ». Il est sur deezer, alors je vous laisse écouter. Pas besoin d’en dire plus : il est suffisamment convaincant. Mais si court !

10 mai 1981, Mitterrand est Président de la République. Pour la première fois depuis le début de la Ve république, la France n’était plus de droite.Le soir même la France de gauche (enfin, au moins quelques parisiens de gauche…) défilait joyeusement dans la rue pour se retrouver place de la Bastille. Malgré la pluie, malgré l’orage. Je ne suis plus un blogueur politique, donc je m’en tiendrais là. A la liesse populaire d’un jour de printemps dont l’anniversaire approche.

10 mai 2011. Trente ans plus tard, la place de la Bastille accueillera une nouvelle fête. Est-ce que cette élection mérite qu’on la commémore comme on est en train de le faire ? Je n’en suis pas certain. Mais ça nous offrira au moins un concert de Gotan Project gratuit. Le groupe franco-argentin sera entouré d’autres artistes de taille : Soprano, JP Nata, Alpha Blondy ou encore Yannick Noah (oui, je sais…).

Je ne sais pas ce que ça donnera. Je suis loin d’être fan de tous ces musiciens. Et je ne vois pas tout à fait le rapport avec l’avènement de « Tonton ». Mais c’est gratuit et il y a moyen que l’ambiance soit sympathique.Donc je résume : mardi 10 mai, 19h30, place de la Bastille.

Un petit conseil. Si vous n’avez rien de mieux à faire, allez écouter Kim. J’avais été le voir à Rennes pour Ouest-France l’an dernier et ça m’avait bien convaincu. Il joue aujourd’hui à 19h à la Galerie Oblique (rue Saint Paul, dans le IVe). Et fais demain la première partie de The Shoes au Nouveau Casino (rue Oberkampf, dans le XIe). Je n’y serai pas (ou alors ?), mais si l’un de mes lecteurs assidus s’y trouve, qu’il n’hésite pas à me faire pas de son avis. Histoire de voir s’il est toujours aussi bon sur scène. Pour vous convaincre d’y aller, je recycle ici ce que j’avais écrit à l’époque (en mars 2010) :

A première vue, c’est un énergumène coiffé comme un Beatles, aussi bien rasé que moi et qui engueule les british de Broadcast 2000 qui lui ont gâché son entrée-révérence avec leur 2e bis dont personne ne voulait. C’est Kim, à l’Antipode (Rennes), découvert lors du festival des « Embellies d’Hiver ».

Un musicien difficile à classer. Pourquoi faire d’ailleurs ? Dans le dossier de presse du festival, ils parlent de pop. Mouais. Bon, je sais que je suis pas très calé en pop, mais « mouais » quand même. Peu importe… Après son coup de gueule inaugural, on pouvait craindre un énième artisse-qui-ne-se-prend-pas-pour-de-la-merde. Pas sûr finalement. Il fait ça avec humour. Un humour froid, un brin noir, qui rend difficile de distinguer la colère de la blague. Entrée gâchée ? Il la refait. On rigole pas quand il faut ? Une troisième fois. Et de citer Johnny : « c’est une bonne entrée qui fait un bon concert ».

Il finit par jouer. Jamais entendu un truc comme ça. D’abord trois notes de guitares, qu’il lance en boucle. Il envoie la boîte à rythme. Se pose derrière le synthé. Puis il chante. C’est toujours dur de qualifier une musique, surtout quand elle sort des clous. C’est parfois doux, parfois drôle. Souvent acidulé. La voix hésite entre folk et rock’n roll. Face à ça, je suis un peu dubitatif. Je ris à ses révérences empressées et sans sourire qui marquent la fin de chaque morceau. Mais hésite à aimer la musique. Et puis je me laisse aller, oublie mes préjugés et finis conquis par l’omnichord, instrument indescriptible mais tellement 80′s. Je ne suis pas sûr que tout le monde ait aimé. En tout cas, l’ambiance ce soir là n’était pas follichonne. Mais pour moi, ce moment du festival était incontestablement bon musicalement. Et surtout bon « scéniquement » parlant : on reconnaît l’artiste qui sait la différence entre un concert et un studio… Bref, si vous voyez passer Kim par chez vous, allez y faire un tour, vous n’aurez pas perdu votre soirée. Il fait même des concerts en appartement ! Sur son myspace, il annonce aussi un concert sur chatroulette le 6 mai prochain…

***

Retour à la maison. Recherche sur internet, myspace. Monte le son ! Ouais. C’est quand même bon.

Un peu plus sur Kim ? Un myspace : http://www.myspace.com/kimlive, un blog : http://leblogdekim.blogspot.com/, un site internet : http://www.paranokim.com/ et un clip mémorable :

PS : Un petit plus qui vient encore renforcer mon avis sur le personnage : il a enregistré une version acoustique, « nature », de son dernier album, qu’il offre sur son site internet…