Semaine Africaparis

Direction la communauté africaine de Paris cette semaine: on commence avec une revue de liens culturelle pour tous ceux que le continent fait réfléchir, rêver, ou intrigue… depuis la capitale.

Pour se faire une idée des initiatives culturelles « made in Africa » en tous genres, du théâtre à la danse en passant par le cinéma et la musique, rendez-vous sur le site Africultures. Dans la même veine, le blog AFRIQUA PARIS s’intéresse à la création africaine à Paris. Vous pourrez également y découvrir d’excellentes plumes africaines, parfois boudées par les médias qui n’ont d’yeux que pour Marie Ndiaye et ses « Trois femmes puissantes » (prix Goncourt 2009).

Amateur d’art? N’hésitez pas à parcourir les 1 200 m2 du musée du quai Branly, qui abrite l’une des plus importantes collections d’arts africains au monde, ou à pousser jusqu’au musée Dapper, fondation privée entièrement consacrée aux arts africains anciens et contemporains.

Présence africaine est une maison d’édition fondée en 1949. C’est surtout une revue née avec le courant politique et littéraire « la Négritude » – terme forgé par Aimé Césaire. Un bon outil pour comprendre l’évolution de la pensée panafricaine depuis la décolonisation.

Pour ne rien rater, le bloggueur de Voix africaine, « le griot des Etats Unis d’Afrique », propose chaque mois un agenda « Afrique » hyper complet de tous les événements célébrés à Paris.

Enfin, pour suivre l’actu africaine depuis chez soi, plusieurs possibilités: RFI offre un programme plutôt exhaustif sur 89 FM. Mais pour l’info vue par les Africains eux-même, autant retrouver Africa n°1 sur internet. Enfin, l’émission l’Afrique enchantée sur France Inter, nous fait partager les points de vue d’intellectuels ou d’artistes africains souvent passionnants.

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Précarité choisie, la bohème anglaise à Paris

Au Bar à nénettes, dans le 11ème, attablé devant un bon vieux scotch, il est chez lui. L’endroit est plutôt prisé par les Américains, mais la communauté anglo-saxonne de Paris se mélange volontiers, à la sortie du boulot. Sebastian Turner semble à l’aise pour parler de lui. Et il a le temps. A 35 ans, il vient de lâcher son boulot d’intérimaire à la RATP.

En arrivant il y a huit ans, Turner ne maîtrisait pas du tout la langue de Molière, malgré sa double nationalité franco-anglaise. Mais apparemment, il y a trouvé certains avantages. « Si j’aime vivre à Paris, c’est parce que j’ai beaucoup plus de « cachet » avec les femmes grâce à mon petit accent ! », assure Sebastian. D’ailleurs, c’est à son coup de foudre pour une petite française croisée à Londres qu’il doit son aventure parisienne. Sa mère, qui ne lui a jamais imposé le français, lui a en revanche appris à parler aux femmes. Pour Turner, « C’est impossible avec les Anglaises, elles boivent et se battent plus que des hommes. Ici, le niveau de compréhension est bien plus élevé, les relations sont subtiles, c’est comme un jeu… ». Gourmand, le British.

Un jour en costard, le lendemain en bleu de travail

Quand Sebastian raconte sa vie professionnelle, il vaut mieux s’accrocher, c’est les montagnes russes. Il ne faut surtout pas essayer d’y voir une cohérence, il n’y en a pas. Tour à tour testeur de sports extrêmes, agent immobilier, et cadre chez Google, ce gars là n’aime visiblement pas la routine. Car il s’en va toujours de son plein gré.

A Google pourtant, il connaît une ascension rapide. Avec son assurance, celui qui dit « toujours ce qu’il pense » devient en deux ans manager technique pour toute l’Europe du Nord. Basé à Paris, il s’envole alors régulièrement pour la Norvège, la Suède, la Russie ou le Danemark. Jamais plus de quelques jours, juste pour régler des questions logistiques. « Une fois, j’ai visité cinq aéroports en une journée », raconte-t-il. Un travail excitant, et très bien payé.

Que fabrique alors Turner à la RATP, cinq ans plus tard? « C’est mon côté anglo-saxon », réplique Turner, un brin moqueur. « Vous les Français, vous croyez encore que passer quarante ans dans la même boîte, c’est le ticket magique. Vous ne savez pas ce que vous ratez, il faut oser retourner sa veste pour rebondir, et aller voir ailleurs ». Un jour en costard, le lendemain en bleu de travail, Sebastian n’a peur de rien.

Drôle d’oiseau ou « papillon »?

Ce n’est pas le salaire qui intéresse notre homme. D’ailleurs, « Un gentleman ne parle jamais d’argent ! », s’exclame Sebastian, qui aime forcer la caricature quand il s’agit de ses origines anglaises. Avec ses moustaches fines, ses yeux pétillants, et son accent à la « BBC », il n’a rien à voir avec les costauds d’outre-atlantique qui peuplent le bar.

Le drôle d’oiseau assume sa vie de bohème. Il partage son temps libre entre les bras d’une jolie femme – « rarement la même » – , et le comptoir de son troquet préféré. Il disserte volontiers sur ce qui peut être comparé des deux côtés de la Manche – colonisation, systèmes éducatifs, mentalités, etc. Voilà la véritable obsession de Sebastian: sa double identité. « Je suis un étranger partout, je viens de nulle part, c’est pour ça que je me suis toujours senti proche des immigrants ». Anglais ou Français, il ne tranche jamais.

Et quand on lui demande quels sont ses projets, la réponse est simple: « je n’en ai pas. Plus vous faîtes de projets, plus vous avez de chances d’être déçu. Je suis un papillon ! ». Finalement, la seule constante dans tout ça, c’est son choix de vivre à…Paris, si si !

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