Fighter : victoire aux poings

David O. Russell, le jeune réalisateur prometteur des Rois du désert, n’avait plus tourné depuis 2004. Presque K.O après le flop de sa comédie intello I heart huckabees, il remonte enfin sur le ring avec un film coup de poing.

Fighter, un direct en pleine tronche!

De Rocky à Million Dollar Baby, l’univers de la boxe a été maintes fois exploité au cinéma. L’histoire du looser magnifique qui parvient à surmonter ses failles pour triompher à la fin n’est pas franchement nouvelle. Mais s’il n’échappe pas à un certains classicisme, Fighter s’inscrit dans la lignée des meilleures réussites du genre. L’intrigue relativement banale est transcendée par la puissance de l’interprétation et le réalisme brut de la mise en scène.

Si les scènes de boxe sont spectaculaires, le combat le plus intéressant se situe, comme souvent, en dehors du ring. Pris en étau entre une mère  possessive régnant sur un gang de sœurs décolorées, et un frère déglingué par la drogue, le héros, incarné par un Mark Wahlberg tout en sobriété, va devoir se libérer de la pression familiale pour trouver son propre chemin.

Tourné à Lowell, cité ouvrière de la banlieue de Boston,  Fighter est une plongée sans concession dans l’Amérique profonde: celle de la déchéance sociale, des poivrots irlandais, et des prolos aux trognes fracassés. Dans la grande tradition du cinéma engagé des années 70, tous les personnages sont des exclus, des marginaux, des outsiders… Sans complaisance ni condescendance, O. Russell porte sur eux un regard chargé d’empathie qui les rend profondément attachants.

L’occasion pour les acteurs de livrer des performances mémorables. Si l’ensemble du casting impressionne, Christian Bale tire son épingle du jeu dans la peau de l’ancien champion devenu accroc au crack. Bien qu’ayant perdu 15 kilos pour endosser le rôle, l’acteur boxe désormais dans la catégorie poids lourd: presque au niveau du De Niro de Raging Bull .

Pas de doute, Fighter cogne juste.

Tarif critique: A défaut de nous mettre totalement K.O, faute d’originalité, Fighter remporte tout de même une belle victoire au points.                                  Prix maximum conseillé: tarif plein, 9€

Vous aussi donnez votre tarif critique. J’attends vos tarifs dans  les commentaires…

Alexandre Devecchio

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Une réponse à Fighter : victoire aux poings

  1. Le ring et la plume dit :

    Dans ma critique je me concentre sur l’aspect purement boxe. J’ai aimé l’histoire du film, le travail sur les personnages. En cela je pense que nous sommes d’accord. Je peux comprendre que tu trouves les scènes de boxe spectaculaires, mais pour quelqu’un qui connait un minimum la boxe, la fiction trouve très rapidement ses limites.

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