Michael Bay au crible de Tarif critique

Michael Bay est un peu au cinéma ce que le McDo est à la cuisine. Ses  films ne sont pas très raffinés. Pourtant, on ne peut pas s’empêcher d’y retourner à chaque fois.  A l’occasion de la sortie de Transformers 3, retour critique express sur la filmographie du roi du cinéma bourrin.

Bad Boys (1995) Dans Bad Boys, les bimbos se déhanchent en petites tenues et les scènes d’action sont démesurées. Dès son premier film, Michael Bay impose son style clipesque décomplexé : esthétisme publicitaire, couleurs criardes, découpage frénétique. A défaut d’être subtil, le résultat s’avère terriblement efficace. Porté par le duo Will Smith/Martin Lawrence, Bad Boys est un pur divertissement qui a le mérite de ne jamais se prendre au sérieux.Sorti en 1995, le premier opus de Michael Bay est aussi un film charnière, à mi-chemin entre le buddy movie à l’ancienne et le blockbuster épileptique post-Matrix des années 2000.

Tarif critique du DVD: Bad Boys mérite de figurer dans la collection DVD de tout amateur de bon cinéma d’action, quelque part entre L’Arme Fatale et Miami Vice. Prix maximum conseillé: 15€

Rock(1996) Le décor d’Alcatraz, particulièrement cinégénique, est parfaitement exploité par Michael Bay qui fait étalage de son brio technique dans les scènes d’action. Mais, une fois n’est pas coutume, le réalisateur laisse également la part belle aux acteurs. Le deuxième opus de Michael Bay doit beaucoup à son trio de stars. Sans le charisme de Nicolas Cage, Sean Connery et Ed Harris, Rock perdrait sans doute beaucoup de sa crédibilité.

Tarif critique du DVD: Un modèle du genre. Probablement le meilleur film de Michael Bay. Prix maximum conseillé : 20€

Armageddon (1998) Le cinéma de Michael Bay change de dimension. Doté d’un budget pharaonique, le réalisateur doit filmer la fin du monde et peut s’en donner à cœur joie dans les scènes de destruction massive. Pour la première fois, Bay doit également jouer la carte de l’émotion. Hélas, son talent indéniable pour filmer les explosions est inversement proportionnel à son sens de la psychologie. Avec ses ralentis sur fond de couché de soleil, sa mise en scène est aussi efficace dans le spectaculaire qu’elle est lourde et boursouflée dans les instants supposés dramatiques. Le film agace également par son côté « américano-centré ». Les Yankees sauve la planète sur fond de bannière étoilée, tandis que Paris est rayé de la carte. Au passage, les français semblent  être restés bloqués dans les années 60 en mode béret, baguette et Citroën 2CV. Vive les clichés…

Tarif critique du DVD: L’un des nanars les plus chers de l’histoire du cinéma. Involontairement drôle, Armaggedon est à voir au second degré comme une comédie. Prix maximum conseillé: 5 €


Pearl Harbor (2oo1)En quête de reconnaissance artistique, Michael Bay rêvait sans doute de faire de Pearl Harbor son Titanic. Le film joue la carte du romantisme sur fond de fresque historique. Mais n’est pas James Cameron qui veut. Avec son patriotisme béat et son militarisme revendiqué, Pear Harbor ressemble à un long spot de propagande à la gloire de l’armée américaine. La scène ou Roosvelt guérit miraculeusement de sa paralysie, et se lève pour prouver à ses officiers que rien n’ est impossible, atteint le sommet du ridicule. L’histoire d’amour, elle, est totalement insipide. Après Pearl Harbor, le pourtant talentueux Ben Affleck mettra des années à se débarrasser de sa réputation d’endive. Reste une scène de bataille d’anthologie, dans laquelle Michael Bay démontre, encore une fois, son savoir -faire technique

Tarif critique du DVD: Pearl Harbor me rappelle le souvenir d’un rencard particulièrement calamiteux avec une fille rencontrée en boîte. Charlotte m’avait cité très sérieusement Pearl Harbor parmi « ses grands films ». Je m’étais éclipsé avant la fin de la soirée prétextant que mon père avait eu un accident… Pearl Harbor ou quand le cinéma est cause de rupture prématurée! Prix maximum conseillé: Il faudrait me payer pour avoir Pearl Harbor dans ma DVDthèque.

Bad Boys 2 (2003) Pour cette suite, Michael Bay tombe dans le piège de la surenchère. Le premier Bad Boys était un petit film sympathique qui jouait à fond la carte de l’humour.  Avec Bad Boys 2,  Michael Bay veut en faire toujours plus: plus de moyens, plus de violence, plus d’explosions, plus de fusillades et plus de bruit! Sur 2H30, c’est un peu bourratif, voir carrément indigeste. Dommage, car Michael Bay orchestre, tout de même, quelques scènes d’action totalement folles (fusillade filmée en travelling circulaire et en plan séquence;cadavres qui tombent du camion en pleine course-poursuite).

Tarif critique du DVD: Parfois, il faut savoir choisir entre la qualité et la quantité. Michael Bay en fait beaucoup trop dans cette suite ultra-bourrine. Prévoir un cachet d’aspirine.  Prix maximum conseillé: 2€

The Island (2004) The Island est le premier film de Michael Bay produit par Steven Spielberg. Jusqu’ici, son  producteur attitré était  Jerry Bruckheimer, le créateur de la série Les Experts et de Pirate des Caraïbes. Cette nouvelle collaboration marque un tournant dans la carrière de Bay, qui réalise, avec The Island, son premier film de science-fiction. La première partie, très surprenante, nous plonge dans un futur aseptisé proche de Bienvenue  à Gattaca, et développe assez subtilement le thème du clonage. Mais, chassez le naturel et il revient au galop! Dans la seconde partie, qui se résume à une longue course-poursuite, Michael Bay retourne à ses fondamentaux:BLING-BLING BADABOUM! L’ensemble, bien que plutôt divertissement,  a dérouté le public américain. C’est le seul échec commercial de Michael Bay.

Tarif critique du DVD: Un divertissement un peu bancal qui mélange action et anticipation. Le résultat est plutôt plaisant. Pour la première fois chez Michael Bay, il n’est pas totalement interdit de venir avec son cerveau. Prix maximum conseillé: 15€

Transformers (2007) Faire un film à partir d’une marque de jouet pouvait prêter à sourire. Pourtant, c’était peut-être le sujet idéal pour les deux grands enfants qu’ont su rester Steven Spielberg et Michael Bay. Le film baigne dans l’atmosphère des productions Spielberg des années 80. On pense à Retour vers le Futur pour le côté film d’ado. Ce petit parfum de nostalgie confère un supplément d’âme au gros machin bruyant qu’aurait pu être  Transformers. Dans la dernière heure, Michael Bay, fidèle à lui même, casse ses jouets à grands renforts d’effets spéciaux. Et, il faut reconnaître que le feux d’artifice numérique final est vraiment impressionnant.

Tarif critique: Le producteur Spielberg renoue de manière touchante avec ses productions pour ado des années 80. Comme d’habitude, Michael Bay détruit tout sur son passage… Avec un sens de l’image hors norme. Prix maximum conseillé: 15€

Transformers 2 (2009)

Je n‘ai pas vu Transformers 2 et je dois avouer que je n’ai pas forcément envi de le voir. Michael Bay, lui-même reconnaît que ce deuxième opus est raté. Parfois, il faut savoir passer directement au numéro 3. Vous pouvez, tout de même, donner votre propre tarif critique.


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