La planète des singes: les origines, le début de la fin?

Un relecture de la saga mythique qui ne tient pas toutes ses promesses. Si vous voulez savoir pourquoi Charlton Heston se retrouve à genoux devant la statue de la liberté, il faudra attendre la suite…ou pas.

César, le chimpanzé qui mène la révolte est le vrai héros du film. Derrière son masque numérique, Andy Serkis parvient à lui donner une âme.

Film à 2 balles ou cinéma grand luxe?

J’ai découvert le film en projection de presse du matin. Et pour être honnête, je n’avais pas beaucoup dormi la nuit précédente. Je n’ai même pas eu le temps de prendre un café avant de me glisser dans la salle et j’ai donc passé la projection à lutter contre le sommeil. Dans ces  conditions, difficile de porter un jugement objectif. Mais même après une nuit blanche, si un film ne parvient pas à me tenir un minimum éveillé, c’est franchement qu’il ne doit pas être très excitant. Après tout, comme le disait George Cukor, grand réalisateur de l’âge d’or, «  le cinéma, c’est comme l’amour, quand c’est bien, c’est formidable, quand c’est pas bien, c’est pas mal quand même ! ».

Échaudé par le naufrage de la version de Tim Burton, l’idée de réactiver la saga La Planète des singes ne m’enthousiasmait pas vraiment. Mais porter par une campagne marketing astucieuse et une bande-annonce terriblement efficace, ce prologue avait fini par susciter ma curiosité. Malheureusement, tout est dans la bande-annonce. La révolution attendue débouche sur une petite révolte avec trois chimpanzés et un Oran outang. Le film manque d’ampleur et de consistance. Les thèmes abordés (les dérives de la science et la déshumanisation d’une humanité en plein déclin) sont passionnants, mais ils auraient mérités d’être beaucoup plus développés. De même, malgré tout le talent de James Franco et Freida Pinto, les personnages humains sont complètement transparents.

Paradoxalement, les singes ont beaucoup plus de chaire et sont les vrais héros du film. Sur ce plan, le pari est réussi. Une fois n’est pas coutume, les effets spéciaux numériques sont impressionnants de réalisme et confère une grande vraisemblance à l’histoire. Andy Serkis qui incarne César, le chimpanzé surdoué à l’origine de la révolte, s’impose définitivement comme le Robert De Niro de la performance capture. Après avoir interpréter Gollum et King Kong dans les films de Peter Jackson, l’acteur parvient une nouvelle fois à donner une âme à son personnage en image de synthèse.

Toutefois, en dépit de ses qualités techniques, le film ne parvient jamais vraiment à décoller. C’est d’autant plus frustrant que le potentiel était là. Les pistes scénaristiques esquissées par l’intrigue, et l’ampleur des moyens déployés, laissaient espérer un résultat beaucoup plus spectaculaire et captivant. En l’état, La Planète des singes : les origines, ressemble à une longue mise en place. Mais a-t-on vraiment envie de connaître la suite ?

Tarif critique : Sans être déshonorant, ce Jurassic Park du pauvre  peine à convaincre, faute d’exploiter pleinement son potentiel. Les meilleurs scènes sont dans la bande-annonce qui résume l’essentiel. Du coup, on se demande si La planète des singes : les origines mérite vraiment le déplacement. Prix maximum conseillé : tarif réduit, 5€

Alexandre Devecchio


Cette entrée a été publiée dans Non classé. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>