Super 8: Retour vers le Futur

J.J Abrams rend hommage aux productions Spielberg des années 80. Mais la magie de l’époque a un peu disparu.

Des personnages aveuglés par la lumière d'un vaisseau extraterrestre... ça ne vous rappelle rien?

Film à 2 balles ou cinéma grand luxe ?

Dans les années 80, Steven Spielberg était le maître incontesté du cinéma spectacle grâce à ses réalisations (Rencontre du troisième type, E.T, Indiana Jones), mais aussi grâce à ses productions (Les Goonies, Gremlims, Retour vers le Futur). Puis dans le années 90, le réalisateur s’est peu à peu détourné du cinéma de pur divertissement pour s’atteler à des projets prétendument plus sérieux. Mais cet été, Spielberg semble décidé à renouer une dernière fois avec ses premiers amours, et peut-être à passer définitivement la main, en confiant ses nouvelles productions à de jeunes réalisateurs prometteurs.

Avec Super 8, c’est J.J Abrams qui tente de reprendre le flambeau. Abrams, qui a baigné toute son adolescence dans les films de Spielberg, s’en sort avec les honneurs, appliquant à la lettre les recettes du maître. Tout est là: la bande de copains intrépides des Goonies ou de E.T, la lumière bleue chromé de Rencontre du troisième type, les scènes de panique dans la petite ville de banlieue. Le créateur de Lost pousse même le mimétisme jusqu’à reproduire à l’identique certains plans typiquement Spielbergien. Un travelling avant de nuit sur une ville qui se dessine en traits lumineux, des personnages aveuglés par la lumière d’un vaisseau extraterrestre…ça ne vous rappelle rien?

Tout comme Cowboys et Envahisseurs, qui sort ce mois-ci et qui est également produit par Spielberg, Super 8 joue à fond la carte de la nostalgie et de l’effet miroir. Tandis qu’Abrams revisite le cinéma de son enfance, le spectateur se revoit gamin, découvrant les yeux écarquillés les créatures mystérieuses et pacifiques inventés par le créateur de E.T. Pourtant, la magie n’opère pas aussi bien qu’à l’époque. Est-ce nous qui avons perdu notre capacité d’émerveillement en grandissant?

Peut-être pas… ça a l’odeur du Spielberg, le goût du Spielberg, mais ce n’est pas du Spielberg. S’il demeure un élève doué, J. J. Abrams ne parvient jamais à égaler le maître.  Ses deux premiers films, M:i:III et Star Trek étaient des suites d’adaptations de séries TV.  La réussite était incontestablement au rendez-vous, mais avait un petit air de copier-coller. Super 8 souffre du même défaut.  Abrams recycle le cinéma de Spielberg, sans parvenir à le réinventer. Comme Quentin Tarantino, dans un registre très différent, Abrams est un cinéaste-cinéphile brillant,  capable de se réapproprier l’univers des autres, mais qui peine à trouver sa propre identité.

Tarif critique: Super 8 ressemble à un vieux tube qu’on voudrait remettre à la mode. Dans ces cas là, on préfère toujours réécouter l’original. On regrettera  éternellement E.T et Les Goonies… Mais s’il souffre de la comparaison avec ses prestigieux modèles, le film de J.J Abrams reste un divertissement estival et familial tout à fait recommandable.                                                                          Prix maximum conseillé: Tarif plein, 8€

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2 réponses à Super 8: Retour vers le Futur

  1. Ping : Captain America: un charme rétro | TARIF CRITIQUE

  2. Ping : Souviens-toi, l’été dernier.

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