Procès ivre : quand Koltès réécrit Crime et châtiment

Le dramaturge Bernard-Marie Koltès (1948-1989)

Ce dimanche, la chronique des Pages savantes sera moins étoffée que d’habitude. Les répétitions de La guerre de Troie n’aura pas lieu ont accaparé tout mon weekend, impossible de me lancer à corps perdu dans un grand classique de la littérature théâtrale. J’ai tout de même cherché une pièce que j’avais lue récemment pour ne pas faire faux bond aux visiteurs avides de nouveauté… et je me suis souvenue de Procès ivre, de Bernard-Marie Koltès. Pièce méconnue, à l’inverse de Roberto Zucco (1988) ou de Combat de nègre et de chiens (1979).

Le jeune étudiant au Théâtre national de Strasbourg n’a pas 24 ans lorsqu’il écrit Procès ivre. Fasciné par Dostoïevski et son univers mortifère, il écrit en 1971 une pièce de théâtre qui reprend l’intrigue et les personnages de Crime et châtiment : Raskolnikov assassine la vieille Aliona pour lui voler son argent ; mais il sombre peu à peu dans la folie, torturé par la culpabilité, tandis que la mort gangrène son univers et s’insinue au cœur de son entourage…

La pièce de Koltès n’est rien d’autre que la mise en accusation de Raskolnikov par un concert de personnages ravagés par l’alcool, qui se détruisent d’autant mieux que les liens familiaux et affectifs sont forts. Pas rigolo mais puissant. Une pièce qui se lit d’une traite et qui donne envie de la monter dans l’instant…

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Une réponse à Procès ivre : quand Koltès réécrit Crime et châtiment

  1. de vimal dit :

    c’est top cousinette !!! car j’avais envie de relire koltès mais pas ses grandes pièces , un truc plus puissant merci