Les Enfants du soleil, de Maxime Gorki

Le dramaturge russe Maxime Gorki (1868-1936)

En bon soviétique et père fondateur du réalisme socialiste, Maxime Gorki n’a pas vraiment le sex appeal de Koltès. Ah, ça, on ne peut pas tout avoir…

La pièce, à présent. Je suis sûre que vous vous demandez ce qui a pu me pousser à publier la chronique des Pages savantes un lundi au lieu d’un dimanche. Si, si, avouez, ça vous intrigue. C’est que cette pièce _Les Enfants du soleil pour ceux qui décrochent déjà_ m’a laissée perplexe. Non qu’elle soit mal écrite ou inutilement complexe. Le style n’est certes pas le talent principal de Gorki mais l’ensemble se tient très bien et on est tout à fait pris dans l’intrigue….

…que je m’empresse de rappeler : Protassov est le prototype du savant lunaire, enfermé dans sa tour d’ivoire. Il ne se préoccupe que de chimie, complètement dépassé par la complexité des relations humaines : il ne voit pas que sa femme Léna, délaissée par lui, se laisse lascivement séduire par le peintre Vaguine. Ni que sa sœur Liza, sérieusement dépressive, est amoureuse de son ami Boris sans oser se l’avouer. Encore moins que Mélania, gentille dépravée à l’entendement limité, lui vous une adoration proche de l’idolâtrie.

Pourtant, il est difficile de tirer une analyse de cette pièce. On a beaucoup reproché à Gorki son engagement politique en littérature. Ecrivain officiel sous Lénine puis sous Staline, il se souciait moins de créer une œuvre artistique que de changer le monde. Il avait à cœur de transmettre une idéologie morale. Une motivation qui fait rarement émerger les plus grands écrivains…

En résumé, c’est agréable à lire mais ça n’empêche pas de dormir. Vous avez le droit de hurler à l’hérésie. Je n’attends qu’une chose : qu’on me prouve que j’ai tort.

Bien le bonsoir et à dimanche prochain.

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